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 [Fanfic] L'ennemi n'est pas celui qu'on croyait...

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Maggy'
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MessageSujet: [Fanfic] L'ennemi n'est pas celui qu'on croyait...   Sam 12 Nov - 21:04

Après moult hésitations, j'ai décidé de publier cette fic, qui se déroule donc un an après la mort de Xana (oui elle est sur Code Lyoko...), c'est donc une sorte de saison cinq quoi... Euh, je sais plus quoi dire. Enjoy ! ^^

L'ennemi n'est pas celui qu'on croyait...

Chapitre 1 : Back to Earth

Un craquement se fit entendre. Un bruit de chute. Un juron.
Une fois n’est pas coutume, elle avait atterri au dessus du sol, plus précisément dans un chêne, dont la branche avait céder sous son poids. Elle se releva et regarda autour d’elle. Elle vit qu’elle se trouvait dans une forêt, logique d’y trouver des arbres donc.
« Bon, où est-ce que j’ai atterrie cette fois ? » soupira-t-elle.
Elle regarda la montre qu'elle portait au poignet et son visage s’illumina lorsqu'elle lu ce qu'il y avait écrit :
Terre
Elle allait peut-être enfin pouvoir rentrer chez elle. Enfin, d’abord fallait-il savoir où elle se trouvait exactement.
« Je pourrais avoir un peu plus de détails, s’il te plait ? demanda-t-elle à sa montre.
- Bien sûr, Marine ! répondit celle-ci. Que veux-tu comme détails ?
- Voyons… Si on est sur la bonne terre déjà, et puis… Une localisation plus précise peut-être ?
- Hum… Il semblerait que nous soyons en France, aux abords du collège Kadic, et du bon.
- Fantastique !
s’exclama-t-elle, son visage s’illuminant. Tu as reçu des comptes rendus ou ils sont toujours aussi illisibles ?
- Désolée, c’est toujours la même chose…
mentit Stacy.
- Ça n’aide pas ça… Et sinon, ici il est quelle… hum… heure ?
- Mademoiselle, combien de fois devrais-je vous répéter que je ne suis pas une horloge ?
s’énerva la montre.
- Mais tu sais l’heure quand même, tu es une montre !
- Parce qu’à voyager comme on le fait, je ne peux que rester sous cette forme sans quoi je nous trahirais ! C’est assez humiliant comme ça, vous pourriez éviter de remuer le couteau dans la plaie. En plus vous voyez bien qu’il fait jour, c’est suffisant non ?
- Et la température alors ?
demanda Marine, n’ayant pas la patience de convaincre Stacy.
- 4°C. Je peux aussi vous le donnez en Fahrenheit et en Kelvin si vous voulez. Soit 32°F et 277,15K.
- Toujours aussi précise Stacy »
, la flatta Marine, n’ayant pas envie de se disputer à nouveau.
Elle passa un pull sur son t-shirt en conséquence et commença à chercher à sortir de la forêt. Au bout de cinq minutes environ elle arriva devant une grande maison un peu délabrée et qui semblait inhabitée. Elle remarqua une petite plaque dont elle lut l’inscription.
« L’Ermitage… Qu'est-ce qui a bien pu se passer ? »
Elle hésita puis se décida à aller voir. Elle entra dans la maison et constata qu’il n’y avait pas âme qui vive et que tout était sans dessus dessous. Elle sortit de la maison et avisa le passage qui menait aux égouts.
Hum… J’aurais peut-être des réponses à l’usine… Et puis c’est le seul moyen de rentrer chez moi !
Elle emprunta donc les égouts et arriva rapidement à l’usine. Tout était calme. Trop calme. Elle emprunta le monte-charge et se rendit directement à la salle du supercalculateur. Elle vit qu'il était désactivé et aussitôt ses pires craintes s’en trouvèrent confirmés. Devait-elle le rallumer, ou attendre d’en apprendre plus ? La seconde option semblait la meilleure. Elle ignorait pourquoi le supercalculateur avait été désactivé et dans ces conditions l’allumer pourrait s’avérer dangereux… Elle allait devoir découvrir autrement ce qui s’était passé. Elle se rappela qu’il y avait un collège dans les environs et se dit que le mieux, étant donné qu’elle avait l’apparence d’une fille de quinze ans, était d’essayer de s’y inscrire, en priant pour que Delmas ne la reconnaisse pas, ou qu'il n'en soit plus directeur.

***

Après s’être fait de faux papiers et une fausse histoire, elle se rendit à Kadic pour s’inscrire. Elle sortit du bureau du proviseur une heure plus tard. Elle avait frôlé la catastrophe : non seulement Delmas avait cru la reconnaître, mais en plus elle avait failli oublier de parler en français ! Mais bon heureusement que son traducteur se déclenchait automatiquement de toute manière, sinon il y aurait pu avoir pire… Elle avait cependant réussi à s’inscrire. Ne restait plus qu’à réfléchir à un endroit où passer la nuit étant donné qu’elle n’aurait une chambre au collège que le lendemain, vu qu’elle avait aussi prétendu qu’elle avait une maison, par souci de réalisme. Quelle idiote ! Elle se décida néanmoins pour l’Ermitage même si les lieux n’étaient plus très hospitaliers. En rentrant à l’intérieur elle entendit du bruit provenant du salon. Elle s’y dirigea sur la pointe des pieds, passa légèrement la tête par l’ouverture et vit que ce n’était que le vent qui avait fait claquer les fenêtres et entraîné la chute de plusieurs livres et de leur bibliothèque qui gisaient lamentablement sur le sol. En soupirant, elle décida de redresser le meuble. Comme si ce dernier l’avait entendu, il se redressa tout seul et les livres retournèrent sur leurs étagères. Marine déglutie.
« Stacy ? appela-t-elle.
- Je ne sais pas trop quoi vous dire mademoiselle, vous êtes cependant en âge de développer ce genre de pouvoir, même si vous êtes déjà insensible. Je suppose que c’est votre génération qui évolue, cela arrivait déjà quelquefois dans celle de vos parents, même si c’était rare. Mais avoir deux dons est possible.
- Tu as raison. J’ai juste était surprise.
Cependant, ajouta-elle en faisant un sourire effrayant, voudrais-tu bien cessez de me vouvoyer genre… maintenant ? Combien de fois devrais-je te le dire ?
- Je suis désolée mad… Marine, c’est juste que vo… te tutoyer, c’est… c’est un manque total de respect ! se justifia la pauvre montre.
- Et si je te dis que me vouvoyer est un manque de respect, tu y arriveras mieux ?
- Peut… Peut-être, bafouilla Stacy.
Mais vo… tu devrais refaire un essai.
- Tu as raison » soupira Marine.
Elle inspira un grand coup et se concentra. Un des livres s’échappa de son étagère et atterri dans sa main, puis retourna à sa place.
« Télékinésie… c’est pas mal ! Mais j’aurais préféré être comme papa !
- Oui… très pratique pour soi-même et un calvaire pour les autres… dit Stacy qui aurait levé les yeux au ciel si elle l’avait pu.
- C'est vrai, rit la jeune fille. »

A présent, la nuit été parfaitement tombée et les nuages ne laissaient filtrer que quelques rayons de lune, rendant l’Ermitage plus lugubre que jamais. Marine retrouva la sensation d’hostilité que la maison dégageait, semblant vouloir lui faire comprendre qu’elle n’était plus la bienvenue.
Elle décida donc de partir au plus vite et d’essayer de trouver une maison pour la nuit, en priant pour que les gens d’ici soit plus généreux que sur Cartisda. Elle sortit de l’Ermitage pour se retrouver dans la forêt où la neige brillait éclairée par le faible rayon de lune que laissait entrevoir les nuages.
Une fois en ville elle se dirigea vers la première maison qu’elle vit. Elle allait sonner quand un détail lui revînt en mémoire.
« Stacy, à ton avis, crois-tu qu'on pourrait...
- Je ne suis pas sûre que ce soit prudent, imagi...ne que nous soyons attaquées par des animaux.
- Je ne pense pas qu'il y ait d'ours dans le coin Stacy, et quand bien même, ils dorment, donc... »
Au final, après s'être assez éloignées de l'Ermitage pour ne puis le voir, elles dressèrent une tente, à l'intérieur de laquelle Marine s'endormit, des questions plein la tête...

***

Elle se trouvait au milieu de nulle part, un endroit sans haut ni bas, ni endroit ni envers, qu’elle ne reconnu que trop. Son fameux monde blanc. Un monde où se mêler faits et instinct. Il lui avait permis quelque fois d'avoir la vie sauve, en comprenant à temps qu'on prenait soin d'elle pour en faire un meilleur repas par la suite par exemple, et de s'enfuir à temps. Elle avait déjà résolu quelques crimes grâce à ça. Et lorsqu'elle en avait parlé à ses parents étant petite, elle avait eu droit à une batterie de test, mais les médecins avaient été formels : elle n'était pas médium, ce n'était que des rêves, un peu particuliers certes. Son cerveau traitait à travers eux toutes les données qu'il avait collectées, ajoutant une part de fiction pour rendre le tout plus cohérent et lui montrer un scénario futur possible.
Ce soir-là, elle marchait à la recherche de quelque chose, ou plutôt de quelqu’un. Enfin elle l’aperçu, sentant son cœur s’affoler. Il fallait qu’elle se calme, elle avait une mission à accomplir et devait s’y tenir, à son plus grand regret. Quand elle jugea qu’il était suffisamment proche elle l’interpella. L’homme se retourna à l’entente du surnom qu’elle lui avait donné, dévisagea Marine quelques instants puis soupira.
« J’aurais dû me douter que tu finirais par revenir, soupira-t-il.
- Je ne pense pas que tu sois le plus surpris de nous deux, Xa’.
- Je suis mort j'imagine ?
- Oui, répondit-elle les larmes lui montant aux yeux.
- Ah... J'imagine que vu les conneries que j'ai faite, j’aurai du m'y attendre. Cela me fait plaisir de te revoir une dernière fois quand même.
- Pourquoi as-tu fais ça ?
- Ah, ça... Tu ne veux pas le savoir, crois-moi. »
Marine voulut protester, mais renonça finalement et se laissa retomber sur le sol inexistant.
« C'est dommage... J'aurais voulu que tu puisse rencontrer Irina au moins.
- Qui ça ?
- C'est... Non, peu importe, ce n'est pas le moment d'avoir des regrets.
- Puis-je faire une dernière chose avant que tu t'en ailles ? »
Marine savait très bien ce qu'il voulait. Cependant, même si c'était douloureux, elle ne put que répondre oui. Leur lèvres se rapprochèrent avant de se toucher, les larmes glissant en flot ininterrompu sur ses joues...
Elle se réveilla en sursaut, le cœur battant et les yeux inondés de larmes. Elle s’en aperçut et les essuya d’un geste de la main. Son rêve lui avait paru si réel qu’elle en frissonnait encore.
Elle constata qu'il faisait déjà jour et se leva donc, encore tremblante, pour se rendre à son premier jour de cours...

Voilà pour le chapitre 1 ! ^^
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Estel
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MessageSujet: Re: [Fanfic] L'ennemi n'est pas celui qu'on croyait...   Sam 12 Nov - 22:37


    Yatta, une fanfic ! =)

    En plus, elle est.. elle est.. elle est...

    Ahah, Marine, ça me rappel quelqu'un ça ! Very Happy D'ailleurs, je me demande bien qui c'est exactement; mais quoi qu'il en soit elle "connaît" X.A.N.A c'est clair. (je me demande comment tu l'imagines toi-même dans cette scène, avec quelle apparence ? ^^) Elle vient d'où ? X.A.N.A. vient-il du même endroit ?
    J'ai hate de lire la suite et de le savoir

    Hum, une nouvelle ennemie. Alors elle connaît Delmas ? Intéressant.. M'enfin je vais arrêter de réfléchir à tout ça, car mes hypothèses sont toujours fausses !


    Bref, vivement la suite ! Tu l'as, hein ?


    PS : J'ai vu deux-trois fautes mais ça, c'est pas grave ! ^^

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MessageSujet: Re: [Fanfic] L'ennemi n'est pas celui qu'on croyait...   Dim 13 Nov - 12:55

Des fautes ? Où ça ? Venez ici sales vermines que je vous extermines !
...
*kof kof*
Désolée.
Merci Estel de m'avoir lu.
Pour tes questions, tu veras avec l'avancement de l'histoire, je vais quand même pas tout te révéler dès le début quand même ? >_<
Tu m'as fait prendre conscience d'un point important cependant : j'ai encore oublié de décrire mon héroïne ! Moi et les descriptions...
Ah et au passage Marine n'est pas une ennemie, enfin, il me semble, mais m'étonnerait qu'elle passe du côté obscur de la force de si tôt, enfin, tu dois savoir ce que c'est, les personnages qui n'en font qu'à leur tête, non ?
Quand à la suite... vendredi/samedi prochain. Je peux pas faire mieux, vu que je retourne à l'hôpital ce soir....
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Estel
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MessageSujet: Re: [Fanfic] L'ennemi n'est pas celui qu'on croyait...   Dim 13 Nov - 12:59


    Y a pas tant de fautes que ça t'inquiète pas ^^'

    Pour les révélations, c'était juste des questions dans le vide. J'ai trop envie de te lire pour vouloir les réponses avant Very Happy
    Bref, vivement samedi ! Et courage à l'hosto >.<

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MessageSujet: Re: [Fanfic] L'ennemi n'est pas celui qu'on croyait...   Dim 27 Nov - 0:37

Voilà la suite ! *kof kof* Oui oui, j'avais dit une semaine, c'est deux... désolée !


Chapitre 2 : Arrivée à Kadic (bis)
Les deux premières heures de cours se passèrent sans encombre et elle sympathisa même avec sa voisine de table, une certaine Yumi, qui la présenta à ses amis à la récrée. C’est là que l’incident eu lieu.
Après avoir rencontré Jérémie, ODD et Ulrich, avec qui Yumi sortait apparemment, elle se retrouva questionnée sur son arrivée en cours d’année et une fois déballé une histoire selon laquelle elle habitait avant aux Etats-Unis mais qu’elle était venu en France afin de trouver le reste de sa famille après la mort de ses parents dans un accident de voiture un an plus tôt, elle rencontra le dernier membre du groupe, qui n’était autre… qu’Aelita. Réaction instinctive, elle se précipita pour la serrer dans ses bras, rassurée de la voir saine et sauve, sauf que les autres ne comprirent pas, et Aelita elle-même ne sembla pas la reconnaître. Se serait-elle trompée ? Non, elle avait l’air plus jeune que ce qu’elle aurait dû être, mais elle était mal placée pour donner des leçons à ce sujet, alors ça ne pouvait qu’être Aelita ! Mais alors pourquoi paraissait-elle si surprise ?
Néanmoins, elle avait un problème. Tous la dévisageaient bizarrement. C’est vrai qu’il n’y avait pas de place pour Aelita dans son histoire d’Etats-Unis. Que faire ? Alors qu’elle se triturait les méninges, soudain la conversation reprit exactement au même point que deux minutes plus tôt, et bien que déboussolée, Marine eut la bonne idée de faire semblant cette fois de rencontrer Aelita pour la première fois. Quand son téléphone sonna. Elle s’excusa et alla se mettre à l’écart, curieuse quand à qui pouvait bien l’appeler et surtout d’où.
« Dites, on vient pas juste de… commença Ulrich une fois éloignée, perplexe.
- Quoi donc Ulrich ? s’inquiéta Yumi.
- Non, oubliez ce que j’ai dit. »
Il n’en restait pas moins perturbé. Les ex-lyokoguerriers se regardèrent mais finirent par laisser tomber.
« Euh, allo ? lança Marine.
- Bonjour, je suis M. Açassin. Vous êtes bien Marine Rey ? »
Argh ! Le notaire de Léa. Un homme bien trop collé-monté à son goût. Que lui voulait-il encore ?
« Oui, et il me semblait vous avoir déjà dis que vous pouviez me tutoyer ! répondit-elle.
- Comme vous voudrez »
Marine soupira, avec lui aussi c’était peine perdue.
« Pourquoi appelez-vous ?
- Je suis chargé de m’occuper du testament de Mlle Sinot.
- Léa avait un testament ? s’étonna-t-elle.
- En temps de guerre la prudence est de mise ! Donc je vous disais que je dois m’occuper de remettre leur part d’héritage aux personnes présentes sur son testament. Vous êtes d’ailleurs sa seule héritière.
- Vraiment ?
- Oui. Aussi faudrait-il que nous prenions rendez-vous. Le plus tôt sera le mieux.
- Euh oui mais pour le moment ça va pas être possible. Je suis… occupée !
- Oui je connais les règles, dans combien de temps pourrait vous venir ?
- Je viens seulement d’arriver, donc... entre début et mi-mars sans doute.
- Il y a une balise ici vous savez ?
- Hors de question de m’en servir, je ne veux pas qu’on me retrouve !
- J’avais oublié cette histoire. Rappelez-moi dès que vous pourrait venir.
- Je n’oublierais pas. Au fait, que m’a-t-elle léguée ? »
Lorsque le notaire le lui dit, elle faillit tomber à la renverse. Elle raccrocha et retourna vers le banc des autres.
Ils discutèrent un peu jusqu’à la fin de la récréation, mais Marine n’y était pas vraiment. Ce qu’elle venait d’apprendre la bouleversait. Pourquoi Léa ne lui avait-elle pas dit qu’elle était la fille du président d’Aria ? Pourquoi ne lui avait-on rien dit après sa mort ? Et pourquoi Léa lui avait-elle léguée tout ce qu’elle avait ? Les questions se bousculaient et restaient sans réponse. Les autres avaient bien remarqué son trouble, mais ne la connaissait pas assez pour l’interroger sans paraître indiscrets. La cloche sonna et ils retournèrent en cours.
Le reste des cours se passèrent pour le mieux, même si Marine n’écoutait qu’à moitié, plongée dans ses réflexions, ce qui lui valu les remontrances de la prof de physique et l’incita à être plus attentive par la suite. Le soir arriva enfin, et Marine décida que c’était le moment d’avoir une petite explication avec Stacy, en attendant l’heure du dîner. Elle alla s’abriter derrière un arbre pour être tranquille.
Alors ? commença Marine, en pensée.
Quoi ? fit Stacy, tendue.
Ne te moque pas de moi ! Tu sais parfaitement ce que je veux !
Je t’assure que non !

Mais ça voix en disait long.
Tu savais non ? Pour Léa. Pourquoi ne m’as-tu rien dit ?
C’était le souhait de Léa, je… elle et moi pensions que vo… tu t’éloignerais d’elle si tu savais la vérité.
C’est absurde !
protesta-t-elle. Je…
Mais elle savait que c’était vrai. Plutôt que l’avouer elle préféra changer de sujet.
Et tant qu’on est dans ce que tu me caches, que dises les comptes-rendus ?
Je ne vois pas de quoi tu parles…

« Ne te fous pas de moi ! cria-t-elle. Quand vas-tu m’avouer que Benoît est mort ?
- Vous racontez des bêtises, voyons… dit Stacy d’une voix blanche.
- Tu vois ! Tu te remets à me vouvoyer chaque fois que tu es énervée ou mal à l’aise, alors avoue !
- Je… Oui. »
Marine s’écroula.
« Comment ? demanda-t-elle.
- Je l’ignore. Mais par contre… il… il n’était pas seul, avoua-t-elle dans un souffle.
- Quoi ?
- Vos… Tes parents sont morts également.
- De quoi ?
- Tes parents et Benoît sont morts. Ça va faire un an. »
Marine resta figée, comme frappée par la foudre. Aucune larme, juste le choc, brut. Elle se leva, sourde aux appels de Stacy, et se dirigea vers la cantine, où elle mangea avec les lyokoguerriers qui restèrent discret, voyant bien que Marine ne voulait pas parler, discutant entre eux et la laissant avaler la nouvelle tranquillement.
Après quoi un certain Jim Moralès -professeur de sport ou surveillant, elle n’avait pas bien compris- l’emmena dans sa chambre, qu’elle partageait avec… Aelita. Si elle n’avait pas été en mauvais état, elle aurait rit.
Lorsque les deux filles furent seules, Aelita lui sourit et lui dit espérer qu’elles s’entendent bien. Marine craqua. Les souvenirs d’avec Aelita, puis Benoît et ses parents, Léa et même d’avec Matthieu remontèrent et les larmes se mirent à couler sur ses joues sans qu’elle puisse les arrêter ni qu’Aelita comprenne ce qu’elle avait bien pu dire ou faire de mal.
Marine s’assit sur son lit et réussit à articuler entre ses sanglots qu’elle avait appris que son frère jumeau jusque là dans le coma était morts. Prononcer les mots rendit les choses beaucoup trop concrètes.
Sensible à une souffrance qu’elle avait connue, Aelita prit Marine dans ses bras et la laissa pleurer sur son épaules jusqu’à satiété. Elle-même n’avait pas pleuré immédiatement à la mort de son père, pas devant les autres. Elle s’était écroulée une fois seule dans sa chambre. En consolant Marine elle se rendit compte qu’elle aurait peut-être dû compter un peu plus sur ses amis, mais il était trop tard de toute façon. Et puis pour une raison inconnue voir Marine triste lui était insoutenable…
Marien s’endormit légèrement apaisée, mais sa nuit fut agitée par des souvenirs plus ou moins heureux, plus ou moins douloureux, des bons comme des mauvais moments avec tous ceux avec qui elle avait vécue.

***


A partir du lendemain, elle prit son temps et intégra peu à peu la bande -qu’elle soupçonnait être une précieuse source d’information sur l’usine, Xana, Hopper et Aelita, à fortiori par la présence de celle-ci - et cela lui prit une bonne semaine, le temps que les ex-lyokoguerriers lui fassent à peu près confiance, sauf Ulrich, bien qu’elle ignora pourquoi. Un jour, elle allait rejoindre les autres mais une inspiration subite la poussa à se cacher derrière un arbre près du banc où étaient assis les autres, pour pouvoir écouter la conversation.
« Vous la trouvez pas un peu bizarre Marine ? demanda Aelita.
- Si. On dirait qu’elle débarque d’une autre planète ! »
Tu ne crois pas si bien dire Yumi ! s’amusa Marine.
« En tout cas, il est clair qu’elle cache quelque chose ! déclara Ulrich.
- Pourquoi tu es aussi méfiant avec elle ?
- En fait, c’est… Ça n’a pas d’importance ! Et pourquoi cette question Aelita ?
- Tu sais bien qu’on partage la même chambre Ulrich ! La nuit je dois avouer que j’ai du mal à fermer l’œil, elle dit des trucs bizarres dans son sommeil !
- Bah et alors ? Ça arrive à tout le monde de parler dans son sommeil ! s’étonna Odd.
- On voit que tu n’es pas à proximité à ce moment là ! Elle ne parle carrément pas français ! Ça me fout la trouille !
- Bah, moi j’la trouve mignonne !
- Décidément tu ne changeras jamais Odd ! soupira Jérémie.
- Bah quoi ?
- Laisse tomber, Jérémie, il est irrécupérable ! dit Ulrich.
- Chut ! Je crois qu’on nous observe… » indiqua Aelita.
Elle désignait du doigt l’arbre où Marine se cachait. Cette dernière en sortit timidement.
« Euh...
- Y'a longtemps que tu nous écoutes ? interrogea Odd.
- Trente secondes à peu près.
- Pourquoi tu nous espionnais ?
- J'ai vu, enfin entendu, que vous parliez de moi et je voulais savoir ce que vous disiez !
- Tu es décidemment étrange !
Marine s'assit.
- Je sais, mais avouez qu'il est naturelle pour une nouvelle de vouloir savoir ce que les gens pensent d'elle !
- Là, elle marque un point ! » fit remarquer Ulrich.
Marine voulut dire quelque chose, surprise qu’Ulrich prenne sa défense, mais William arriva en titubant.
« William ! Tu as bu ou quoi ? s’exclama Yumi.
- Bien sûr que non ! » Mais j’aimerais te parler.
C’est là que s’éveilla chez Marine un nouveau pouvoir, cette fois, trois, c’était un peu trop. De ce qu’elle en savait, seuls Sylvie et Stéphane en avaient trois. Et elle en été à son quatrième ! Mais elle avait quitté son monde trop tôt pour voir comment évoluait sa génération, alors peut-être que… Mais de toute façon elle n’allait pas s’en plaindre, elle avait toujours envié son père de pouvoir lire dans les pensées, désormais elle aussi était avocate ! Et ce qu'elle découvrit dans l'esprit de William la terrifia.
« Je ne veux pas te parler William ! s’énerva soudain Yumi face à l’insistance de William. Quant vas-tu comprendre que je suis avec Ulrich et que ça ne changera pas !
- Je...
- William ? »
Marine s'était levée.
« Quoi ?
- Il faut qu'on parle ! »
Les autres la regardèrent, stupéfaits.
« T'es qui toi d'abord ? » s’étonna William.
Il était clair qu’il n'était pas dans son état normal.
« Marine Rey, je suis là depuis une semaine ! »
Elle le tira par le bras à l'écart.
« Hé ! » protesta William.
Les autres les suivirent des yeux.
« Mais qu'est-ce qu'elle fabrique ? demanda Ulrich.
- Aucune idée !
- Ça n'a pas l'air de plaire à William ! » remarqua Aelita.
En effet, ils parvenaient à voir le visage de William rouge de colère. Ils ne pouvaient cependant pas voir celui de Marine qui leur tournait le dos, mais elle paraissait calme pour autant qu'ils puissent en juger. Soudain ils sursautèrent tous et Aelita poussa un cri. William était en rogne et tenait Marine en l'air, les deux mains enserrant sa gorge. Ils se levèrent d'un bon et se précipitèrent vers eux. Ils n’étaient pas les seuls, de nombreux autres élèves s'étaient hâtés également, tous les élèves de la cour ayant vu la scène.

Elle suffoquait, elle n'aurait pas imaginé une telle réaction de sa part. Elle était impuissante, ne pouvant se servir de ses pouvoirs, qui auraient été dangereux pour eux deux à cet instant. Elle sentait Stacy paniquer à son poignet, et songea que sans elle, elle aurait sans doute déjà succombée. Elle aurait voulu parler, mais n'en avait pas la force. Elle voyait en face d'elle les yeux furieux de son agresseur, elle le regarda d'un air suppliant, ce qui n'eut pour effet que d'accentuer la pression des doigts sur sa gorge. Ses yeux se voilèrent et la terreur l'envahit, un des pires souvenirs de sa vie s'insinuant dans son esprit. Soudain elle sentit la pression disparaitre et sa vision redevint normale. Elle s'écroula et eu le temps de voir que c'était Jim qui l'avait sauvé et qui hurlait :
« NON MAIS VOUS ETES COMPLETEMENT MALADE DUNBAR ! »
Elle vit des visages au dessus d'elle mais ils lui paraissaient très lointains. Elle s'évanouit.

Voilà !
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Estel
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MessageSujet: Re: [Fanfic] L'ennemi n'est pas celui qu'on croyait...   Dim 27 Nov - 16:54


    Gomeeen, je suis en retard ! >.<
    Kyah, saleté de DM, et j'en ai deux à faire en plus



    Bref, je ne peux pas t'en vouloir pour le temps, parce que j'ai fait bien pire ! ^^'
    Et surtout que ça en valait la peine ;P

    Je suis légèrement paumée entre tous les prénoms et les souvenirs de Marine, alors je comprends pas tout [et c'est normal]; mais j'adooore ! C'est bizarre, Marine connaît Xana, non ? Mais elle a quand même besoin des Lyokô-guerriers pour en apprendre plus. Et ça doit être réciproque qui plus est.
    Ton histoire est superbe, vivement qu'elle se dévoile

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Maggy'
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MessageSujet: Re: [Fanfic] L'ennemi n'est pas celui qu'on croyait...   Dim 27 Nov - 19:43

Merci beaucoup ! ^^
Et je vais te dire un secret : moi même je suis légérement paumée dans ma propre histoire ! >_< (conséquence d'une réécriture qui réduit les chapitre de 9 à 5 >_<)
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MessageSujet: Re: [Fanfic] L'ennemi n'est pas celui qu'on croyait...   Dim 11 Déc - 14:29

Voilà la suite ! Alors avant de me faire taper sur les doigts : il y a une poignée de gros mots qui traîne dans ce chapitre, la faute à un personnage secondaire au langage... assez peu châtié. Au pire, je les enlèveraient.

Chapitre 3 : Souvenirs douloureux


Marine resta trois jours dans le coma, trois jours où le cauchemar de sa meilleure amie, Léa Sinot, repassait encore, encore et encore…

***

Elle étouffait.
Elle parvenait à entendre le rire de son agresseur, heureux d’avoir enfin mis la main sur celle à cause de qui son peuple risquait de perdre la guerre. De retour chez lui il serait un héros, les Altiens ne tiendraient plus longtemps sans leur héroïne. Il aurait pu se contenter de lui enfoncer son couteau dans le cœur, mais il préférait une mort bien plus longue et douloureuse…
Soudain Marine sentit la poigne de son ennemi se desserrer, avant qu’il ne s’écroule à ses pieds. Elle hoqueta, cherchant à reprendre son souffle. Lorsqu’elle réussi à respirer à nouveau normalement, elle chercha qui pouvait bien l’avoir sauvée d’une mort certaine. Elle croisa le sourire de Léa, et fut rassurée. Elle se releva, voulant rejoindre sa meilleure amie, lorsqu’elle vit le sourire de celle-ci se figer. L’instant d’après elle s’écroulait au milieu d’une marre de sang. Horrifiée, Marine vit le sourire victorieux du Centaurien dont l’arme était encore fumante. Celui qui avait failli la tuer avait donc un complice ?
Son sang ne fit qu’un tour. Sans même réfléchir elle se saisit de son arc et décocha une flèche avant même que son adversaire n’ait le temps de réagir. Il s’écroula à son tour. Marine se rendit alors seulement compte de ce qu’elle venait de faire.

Elle venait de tuer quelqu’un.
Ce fut le noir. Lorsqu’elle en sortit, elle se sentit étouffer…

***

Lorsqu’elle se réveilla enfin, ce fut pour refuser de porter plainte contre William, décision qui surprit beaucoup, d’autant plus qu’elle batailla bec et ongles pour que William ne soit pas exclu de Kadic, ce que le proviseur finit par accepter devant tant d’ardeur. Beaucoup la crure devenue folle. En réalité Marine savait très bien que William n’était pas coupable. Et cela l’inquiétait d’autant plus qu’elle ne pouvait s'enfuir et ignorait combien de temps il lui restait avant qu’on vienne la chercher…

***

« Je suis désolé.
- Vos excuses n’y changeront pas grand-chose ! Votre mission était de la ramener vivante, pas de tenter de la tuer !
- Cela ne se reproduira plus. » mentit Rodolphe.
Celui-ci était agenouillé devant le seigneur, attendant son verdict, anxieux. Le seigneur le fixa d’une moue dubitative, doutant fortement de ses paroles, avant de soupirer.
« Très bien. Vous aurez une seconde chance… » annonça-t-il.
Rodolphe se redressa légèrement, soulagé.
« …mais je ne peux définitivement pas vous laissez agir seul. Officiellement, vous restez le chef de cette mission puisqu’il n’est pas encore tout à fait majeur, mais s’il conteste vos décisions vous devrez lui obéir, compris ?
- Vous me collez un acolyte ? sourit perversement Rodolphe.
- Ne l’abîmez pas trop, répondit simplement le seigneur, lassé des petits jeux de Rodolphe.
- Et qui est-ce ?
- Il ne va pas tarder à arriver… »

***

Marine défendait William pour deux autres raisons : A cause d'une gaffe de Odd sur le sujet « Doit-on en vouloir à tous ceux qui tentent de nous tuer ? », elle avait en espionnant l'esprit des lyokoguerriers découvert leurs deux années de lutte contre Xana, et avait compris par la même occasion qu'Ulrich était un insensible, n'ayant pu lire dans ses pensée ; elle eut également l'occasion de lire dans l'esprit de William, qui s'avéra tellement pur et sincère qu'elle en avait déduis que l'image de rebelle légèrement idiot qu'il se donnait n'était qu'une façade pour cacher sa fragilité. Elle avait été atterrée qu'un esprit si pur puisse être si injustement accusé.
Et avant qu'elle ait pu s'en rendre compte, elle en était tombée amoureuse. Mais elle ne le comprit qu'une nuit, à la suite de deux rêves, l'un cauchemar -du jour où elle avait perdue Matthieu et rencontré Xana-, l'autre doux songe...

Ils couraient sur le sol gelé, voulant échapper à ces monstres qu'ils n'avaient eux que le temps d'apercevoir. Malheureusement Matthieu était ralenti du fait de sa quasi-noyade, et avant que Marine puisse faire quoi que ce soit il se prit deux tirs et s'écroula sur le sol. Curieusement les tirs avaient cessé sitôt qu'ils avaient commencés, mais Marine n'y avait guère prêté attention, elle se précipita vers lui.
- Ça va ? s’inquiéta-t-elle.
- Non, je crois que...
Il n'eut pas le temps d'en dire plus qu'il commença à disparaître lentement sous les yeux écarquillés d'horreur de Marine.
- Que se passe-t-il ? Paniqua-t-elle.
- Je-je crois que cette fois c'est la fin Marine !
- Non ! Ne dis pas ça !
- Je t'aime et je t'aimerais toujours ! promit-il, sa voix n’étant plus qu’un souffle.
Il eut le temps de l'embrasser une dernière fois avant de disparaître définitivement. Marine s'effondra sur le sol et fondit en sanglots. Elle n'avait pas remarquée que les monstres s'étaient rapprochés d'elle, et aucun n’avait l’air très joyeux de ce qu’il venait d’arriver. Un lourd silence s'installa, seulement rompu par les larmes de Marine. Enfin l'un des monstres se décida à parler :
- Je... Nous sommes désolé de ce qui c'est passé !
Marine releva la tête, les yeux brillants de larmes, surprise.
- Vous parlez ?
- Et bien en réalité, je ne pensais pas que vous comprendriez ! avoua le monstre.
Marine regarda Stacy.
- Oui c'est possible.
Son regard se voila.
- Il est... mort ?
- Je crains que oui.
Marine réfléchit, elle était quasiment au bord du plateau, sauter serait si simple... Elle fut sortie de ses pensées par le monstre, qui était visiblement inquiet.
- Qui était-ce ?
- Mon... mon mari.
Un autre lourd silence s'installa, Marine se demandant pourquoi elle parlait avec ceux qui avaient tués Matthieu.
La réalité vînt la frapper de plein fouet : Matthieu était mort et elle ne pourrait rien y changer. Le désespoir l'envahit et elle n'hésita plus, elle prit une grande inspiration et se jeta dans le vide. Elle ne tarda pas à rencontrer l'eau qui ralentit brutalement sa chute, l'assommant à moitié. Elle s'enfonçât lentement dans les profondeurs des abysses. Elle sentit ses poumons se remplir d'eau et son corps lutta pour remonter à la surface, mais son esprit resta le plus fort. Alors qu'elle sombrait doucement dans l'inconscience, elle vit une ombre nager vers elle...


Le décor changea et devint blanc. Quelqu’un vint vers elle. Des cheveux d’un noir d’encre, des yeux dorés semblant receler une infinie tristesse…
Matthieu. Marine le regarda, ébahie, que faisait-il là ?
« Je suis désolé… »
Il avait dit ça avec un petit sourire triste, en lui tendant la main, dont elle se saisit. Elle n’eut pas le temps de répliquer, car son image se troubla, pour laisser place à un autre homme, bien plus grand, aux cheveux châtains et aux yeux gris, Xana. Lui la serra fort dans ses bras, lui murmurant des mots qu’elle peina à comprendre :
« Si seulement tu n’étais pas partie… Si seulement on ne s’était pas disputés… »
Elle le fit taire en l’embrassant, elle n’aurait pas supporté un mot de plus. Mais lorsqu’elle rompit le baiser, Xana avait laissé sa place à William.
Qui lui souriait.

***

Un peu plus d’une semaine plus tard eu lieu le bal de fin d’année, qui avait deux nouveautés cette année : la première était qu’un thème avait été instauré pour les années à venir, à commencer par « princes et princesses », ce qui arrangeait Marine qui n’aurait donc rien à acheter ; la deuxième que chaque élève devait y assister, sauf s’il demandait l’autorisation, mesure instaurée uniquement cette année-là essentiellement pour éviter un autre incident et garder William à l’œil.
Marine avait accompagné Aelita et Yumi faire leurs achats, et savait donc par avance que leurs compagnons serait plus que satisfaits. Si Jérémie ne se déclarait pas enfin après ça…
Elle-même avait refusé l’invitation de Odd, elle n’aimait pas sa manière de concevoir les relations, d’autant qu’il l’avait invité parce qu’il ne trouvait personne d’autres. Et puis le seul cavalier qu’elle aurait voulu ne pouvait l’inviter…
Le soir S, Marine rêvasser lorsqu’Aelita, qu’elle avait aidée à se préparer, lui fit remarquer qu’il ne restait qu’un petit quart d’heure avant le bal, et elle n’avait pas commencé à se préparer. Marine la rassura et lui dit d’aller profiter de son Jérémie, qu’elle pouvait se débrouiller seule.
« N’en fais pas trop, dit-elle à Stacy une fois Aelita partie.
- Vo… Tu n’avais qu’à accepter l’aide d’Aelita !
- Mais j’ai l’habitude que ce soit toi qui t’occupe de moi… »
Stacy soupira.
« Très bien, je vais essayer de me retenir. »
Tout fleelien en tenue de soirée se devait d’être sublime. Grâce à leurs Montres, même la plus l’aide des fleeliennes pouvait se transformer en Cendrillon le temps d’une soirée. Mais sur Terre, il n’y avait pas de Montres, elle allait devoir jouer profil bas si elle ne voulait pas se faire remarquer…

Il n’empêche que les reines de la soirée étaient sans conteste Yumi, Aelita, Marine et Sissi. Les trois dernières avaient opté pour des tenues assez classiques : robe à volant rose assorti à ses cheveux pour Aelita, robe empire du même violet que ses yeux pour Marine, toute deux parées de diadèmes argentés et incrustés de diamants -faux pour Aelita, vrai pour Marine mais ça personne n’avait besoin de le savoir-, et robe à froufrous roses et couronne en or pour Sissi. Yumi quand à elle avait tout d’abord voulu éviter les clichés, puis avait plié face à l’insistance d’Aelita et Marine pour finalement se retrouver dans un magnifique kimono des anciennes impératrices, coiffure et maquillage allant avec.
Dans son ensemble, la soirée se passa pour le mieux, jusqu’à ce que Marine sorte en douce s’aérer un moment…

***

Elle s’éveilla en sursaut, le dos douloureux. Et pour cause, elle s’était endormie sur l’un des bancs de la cour. Paniquée, elle regarda vers le gymnase, et fut rassurée. Elle pouvait entendre les bruits du bal, elle n’avait pas dormi trop longtemps. Sa mémoire eut un peu de mal à se remettre en place cependant.
Finalement elle se souvînt que si elle était sortie, c’était parce qu’elle avait vu William, posté dans un coin de la salle, seul, une fois de plus. Son regard, ses pensées… elle avait fui. Elle repensa à son rêve, et se sentit rougir. Heureusement, il n’y avait personne aux alentours.
En soupirant elle se dirigea vers le gymnase, mieux valait qu’on ne remarque pas son absence. Mais alors qu’elle allait passer par la porte de secours elle se cogna à quelqu’un qui tentait de sortir, et tomba lourdement sur le sol.
« Désolé, je ne voulais pas… » commença le garçon qui l’avait fait tomber.
Il s’interrompit, Marine ne comprenant pas pourquoi, elle se redressa pour voir de qui il s’agissait. Son souffle se coupa sous la surprise. William. Celui-ci la regarda, l’air effaré, avant d’essayer d’ouvrir la porte dans l’intention évidente de retourner à l’intérieur, mais Marine l’en empêcha.
« Tu ne crois pas que fuir n’est plus une solution ? murmura-t-elle, plus à elle-même qu’à William en réalité.
- Marine… Je… Je ne crois pas avoir eu l’occasion de m’excuser, même si de simple excuse ne suffiront certainement pas à ce que tu me pardonne, pour peu que tu puisses me pardonner un jour, débita-t-il d’un seul souffle.
- Je t’ai déjà pardonné, déclara-t-elle si bas que William était persuadé d’avoir mal entendu.
- Qu’est-ce que tu as d… »
Il ne finit jamais sa phrase. Marine l’en ayant empêché en l’embrassant. Il en resta pétrifié, il ignorait comment il devait, comment il pouvait réagir. Soudain, avant qu’il ait pu prendre une quelconque décision, Marine rompit le baiser et s’enfuit. Il resta là, à la regarder faire. Il aurait juré qu’elle pleurait.
Il se laissa aller contre la porte, peinant à réaliser ce qu’il venait de se passer. Il lui fallut un très -trop- long moment pour se décider à tenter de la rattraper. Il l’avait vu se diriger vers les dortoirs, aussi se douta-t-il qu’elle s’était réfugiée dans sa chambre. Que faire ? S’il ne retournait pas très vite à la fête, on risquait de s’apercevoir de sa disparition, et si jamais on remarquait aussi celle de Marine… D’un autre côté, il ne pouvait pas laisser les choses tel quel, il savait qu’il fallait qu’avec Marine ils mettent les choses au point.
Il repensa au baiser qu’elle lui avait donné. Et s’empourpra aussitôt. Alors qu’il enfin entrer dans le bâtiment, une voix l’interpella :
« DUMBAR, où croyez-vous aller comme ça ? Retournez à l’intérieur et plus vite que ça ! » lui ordonna Jim.
À contrecœur il obéit. Ignorant les murmures de ses camarades sur son passage il retourna se morfondre dans son coin, priant d’avoir une autre occasion de sortir.

***

Quel crétin ! En s’emportant, il s’était attirer les foudres du chef, et maintenant il se retrouvait affublé du p’tit, comme il le surnommait. Il allait avoir vingt-quatre ans, il n’avait pas besoin de chaperon !
Oui, il avait failli la tuer, mais la naïveté de cette… fille, l’avait mit en pétard. Au moins il retiendrait la leçon, il allait devoir se calmer s’il ne voulait pas se faire tuer par le seigneur. Il était censé ramener Marine au bercail entière, morte elle n’aurait pas servi à grand-chose.
Et il devait garder en tête que le chef lui avait promit qu’il aurait le droit de prendre sa revanche, même si l’idée de devoir la partager l’énervait au plus haut point, il avait la certitude qu’elle regretterait ce qu’elle lui avait fait. Oh oui, elle le regretterait bien amèrement…
Lorsqu’il avait apprit pour le bal, il y avait vu une merveilleuse occasion de la capturer, mais quand il l’avait vu en robe de soirée… Cette pétasse était décidemment trop belle pour son propre bien. Toute fleelienne en tenue de soirée était sublime, mais elle, elle les surpassait toutes. Il en était tombé désespérément amoureux dès leur première rencontre. Quelle joie cela avait été lorsqu’on lui avait annoncé qu’elle deviendrait sa femme ! Mais elle avait préférée s’enfuir avec cet enfoiré de Laudrey.
Qu’importe, il ne comptait pas se cantonner au rôle de Pâris bien longtemps…
Attendre que Marine daigne sortir du gymnase fut insupportable, et lorsqu’elle le fit enfin, il dû se forcer au calme. Lorsqu’il s’estima prêt, il se releva pour sortir de la forêt, mais un coup de poing le renvoya droit vers le sol. Il releva la tête pour voir le p’tit devant lui, le poing encore levé, visiblement en colère.
« Putain, je peux savoir c’qu’il t’a prit connard ? demanda-t-il en massant sa joue douloureuse.
- Je peux savoir ce que tu comptais faire ?
- Euh… Aller la chercher et accomplir ma mission peut-être ? pesta-t-il.
- Tu parles, tu comptais l’approcher sans camouflage ? Tu es encore plus idiot que je le croyais !
- De toute manière, j’comptais pas lui demandait son avis, je l’embarquais, point.
- Je me demande comment il a pu te confier cette mission, tu as bien vu qu’elle a d’autres pouvoir non ? Si elle te reconnait, elle ne va certainement pas te suivre docilement !
- Et pourquoi pas ? Les femmes n’ont qu’un seul droit, celui d’obéir aux hommes !
- Mais qu’est-ce que j’ai fait pour me retrouver avec un débile comme toi, soupira le p’tit.
- Deux p’tites minutes. De quelle droit tu m’insultes le p’tit hein ? Quand on a que sept ans on se la boucle ! En plus tu n’étais même pas né quand elle s’est barrée avec cette enflure !
- Peut-être bien, mais moi j’ai des neurones et je sais m’en servir ! Si tu te camoufle tu pourras peut-être la convaincre de te suivre, particulièrement si tu deviens William.
- L’abruti désespéré parce que sa p’tite copine l’a plaqué ?
- L‘abruti ça aurait plus tendance à être toi, mais oui c’est lui.
- Pourquoi j’devrais me faire passer pour ce con-là ?
- T’es vraiment stupide ! De toute manière, t’as raté ta chance !
- Hein ? »
Il se retourna pour voir Marine se lever du banc où elle s’était assoupie et se diriger vers le gymnase. Et merde, à force de discutailler, ils avaient perdus un temps précieux.
Il grimaça quand elle se cogna à William, mais lorsqu’elle l’embrassa, le p’tit dû user de toutes ses forces pour le retenir. Bordel, pour qui elle se prenait cette salope ? Elle était à lui, elle n’avait pas le droit d’embrasser quiconque d’autres à part lui s‘il ne l‘y autorisait pas.
Une petite voix au fond de lui lui souffla que s’il achevait la mission, ce serait le chef et non lui qui l’aurait, mais il préféra l’ignorer pour le moment.
Lorsqu’elle s’enfuit vers sa chambre, il crût pouvoir enfin accomplir sa tâche, sauf qu’une fois de plus le p’tit l’en empêcha.
« Je pense qu’il serrait préférable de la laisser tranquille pour aujourd’hui.
- Et tu veux qu’on fasse comment ?
- Je t’ai déjà dit que j’avais des neurones dont je sais me servir, alors pendant que toi tu t’enfonçais dans la crétinerie, moi j’ai réfléchi à un plan, un plan sérieux qui obligera Marine à nous suivre, dons ou pas dons.
« Et c’est quoi ce plan ? »
Le p’tit sourit, il allait enfin pouvoir reprendre les choses en main. Dès le début c’est à lui que la mission aurait dû être confiée, pas à cette imbécile misogyne. La princesse devait revenir, elle était le seul espoir de quelques quarante millions de fleeliens, il devait tout faire pour qu’elle puisse avoir une chance de faire tomber le tyran. Mais bien sûr, personne ne devait connaître son véritable camp, où il risquait très gros…
- Alors écoute-moi bien imbécile, et essaye de faire rentrer ce que je vais dire dans ta cervelle de moineau… »
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MessageSujet: Re: [Fanfic] L'ennemi n'est pas celui qu'on croyait...   Dim 11 Déc - 15:08



    G-E-N-I-A-L !!
    L'histoire est de plus en plus intéressante, j'adore

    Vivement la suite Maggy-chan (: [je peux t'appeler Maggy-chan ? ]

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MessageSujet: Re: [Fanfic] L'ennemi n'est pas celui qu'on croyait...   Dim 11 Déc - 15:15

Merki !
Evidemment que u peux m'appeler Maggy-chan ! ^^
Et la suite sera la semaine prochaine, sans faute !
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MessageSujet: Re: [Fanfic] L'ennemi n'est pas celui qu'on croyait...   Mar 20 Déc - 21:18

Et voilà le chapitre 4 (à la bourre) ! Petit hommage au clone de William en passant, parce que je l'aimais bien, moi, ce clone...
Bonne lecture ! ^^

Chapitre 4 : Interrogations


S’enfuyant vers sa chambre, encore sous le choc de ce qu’elle venait de faire, Marine manqua de vigilance et faillit dévaler les escaliers tête la première. Heureusement, elle réussit à se raccrocher à la rambarde à temps, mais se cogna assez violemment l’œil sur celle-ci, restant groggy quelques secondes, avant de sentir un liquide chaud couler sur sa joue. Elle l’essuya, et la couleur rouge que prirent ses doigts l’informa de la nature du dit-liquide. Elle plaqua par réflexe une main sur son œil et fila aux toilettes constater les dégâts.
C’est avec soulagement qu’elle constata que malgré son œil, sa joue et sa main maculés de sang, elle s’était simplement ouverte l’arcade droite, soit le genre d’endroit qui saigne beaucoup sans que ce ne soit bien grave. Le sang ayant de plus cessé de couler, elle n’avait qu’à se rincer et mettre un pincement pour qu’il n’y paraisse plus.
Ce qui lui plaisait beaucoup moins, en revanche, était les petits morceaux de verre brisé dans sa main. Où diable allait-elle pouvoir en trouver un autre ? Elle avait été la dernière cliente du vieux Gregory qui s’était éteint à peine trois jours après avoir terminé son ouvrage.
Et lorsqu’une fois rincée elle pu voir à quoi elle ressemblait, elle retint un cri. Il était désormais strictement hors de question de retourner au bal.
Tu ne voudrais pas y aller à ma place Stacy ?
Ben voyons, et je fais comment ? Vous croyez vraiment que les autres ne remarqueront rien ?
Marine rit. Si, évidemment que c’était stupide.
Tu as une idée ?
J’ai appris que Gilbert avait finalement décidé de prendre la succession de son père, le résultat ne sera peut-être pas aussi parfait mais…
« …Ce serait toujours le meilleur que je puisse trouver. Seulement tu oublie qu’on ne peut pas partir d’ici avant au moins deux mois !
- Deux mois, six jours et sept heures pour être exacte.
- … Merci Stacy, voilà une information capitale ! ricana Marine.
- Mais il y a une solution, annonça la montre, nous avons trois coursiers qui pourraient très bien le récupérer et nous l’amener. »
Marine mit un moment à comprendre où Stacy voulait en venir, avant que la lumière fasse jour dans son esprit.
« Hors de question ! s’emporta-t-elle, je ne les ferrais pas venir ici tant qu’on ne comprendra pas le pourquoi du comment de ce qui arrive à Fleel !
- Mais tu meures d’envie de les voir non ?
- Evidemment ! Mais… C’est trop dangereux. Avec lui dans les parages… Et puis, si je revois Benoît maintenant je… »
Elle se mit à trembler.
« Stop ! s’alarma Stacy. Arrêtez immédiatement, vous savez très bien que si vous faites un amalgame entre votre frère et ce Benoît ça finira mal ! »
Marine obéit et se calma peu à peu. Elle rangea le petit objet cassé précieusement dans un bocal et l’admira. C’était vraiment un chef-d’œuvre, même irréparable, elle ne pouvait décemment s’en séparer, ne serait-ce qu’en l’honneur de Grégory… Elle rangea le bocal, arrangea sa coiffure pour dissimuler sa blessure, et retourna à la fête demander la permission de se coucher, sans remarquer qu’elle et Stacy avaient en parti parlé à voix haute et que quelqu’un avait tout entendu…

***

Les négociations avec Stacy sur la manière de procéder pour la suite furent interrompues par le retour d’Aelita où Marine préféra faire semblant de dormir, luttant contre son envie de lui demander pourquoi elle avait l’air si euphorique. La conversation repris donc par la pensée, et Stacy finit par plier aux arguments de Marine, qui s’endormit victorieuse.

***

Le lendemain se passa de manière ordinaire, enfin, jusqu’en fin d’après-midi, où Jérémie travaillait sur son portable et Aelita le regardait faire, les deux s’échangeant des sourires mièvres de temps en temps, jusqu’à ce qu’Odd craque.
« Bon vous attendez quoi ? soupira-t-il.
- Attendre pour quoi ? demandèrent les deux Einstein de manière synchrone.
- D’officialiser que vous sortez ensemble » répondit Marine, lassée.
Les deux amoureux devinrent rouge pivoine.
« Comment est-ce que vous… balbutièrent-ils, s’arrêtant en remarquant qu’ils étaient encore une fois effrayamment accordés.
- Ça se voit comme le nez au milieu de la figure, rit Yumi.
- Faut dire que vous n’étiez pas très discret, renchérit Odd.
- Deux vrais tourtereaux en train de roucouler toute la journée. » acheva Marine.
Seul Ulrich s’abstint de tout commentaire, mais il souriait.

Soudain, avant que les amoureux aient pu riposter, l’ordinateur de Jérémie sonna, un son que les ex-lyokoguerriers ne connaissaient que trop bien. Ils se regardèrent, effrayés, tandis que Jérémie regardait à nouveau l’écran de son ordinateur, l’air perplexe mais soulagé.
« Einstein ? appela Odd d’une voix étranglée.
- Ce n’est pas Xana, répondit-il à la question informulée d’Odd et des autres. Il semble que quelqu’un ait rallumé le supercalculateur et activé une tour mais j’en ignore la raison.
- Tu ne peux pas voir qui c’est avec les caméras de l’usine ? demanda Ulrich.
- Eh bien… Tiens ? s’étonna-t-il avant de froncer les sourcils. C’est étrange, la tour a été désactivée. A quoi peut bien servir une tour activée moins d’une minute ?
- On ferait mieux d’aller voir à l’usine, non ? suggéra Yumi.
- Tu as raison, allons-y… fit Jérémie en commençant à se relever. Qu’y a-t-il Odd ?
- Je crois qu’on a oublié quelque chose… » répondit ce dernier en désignant une Marine abasourdie qui rougit en sentant tous les regards fixés sur elle.
Jérémie réfléchit très vite à toutes les options possibles, avant d’opter pour la solution de facilité, en priant pour que ça marche :
« Ecoute Marine, on a quelque chose à régler et… on t’expliqueras quand on reviendras, d’accord ? mentit Jérémie.
- Hors de question, je viens avec vous. »
Etait-ce de la panique qui passa dans le regard de Marine ? Jérémie n’en était pas certain, cela n’avait duré qu’un fragment de seconde. Toujours est-il qu’elle avait un air si sérieux que les lyokoguerriers - n’ayant pas de temps à perdre en compromis- ne purent que l’emmener avec eux.
Lorsqu’ils arrivèrent à l’usine, ils furent cependant surpris de ne la voir poser aucune question, ni paraître étonnée en entrant au laboratoire, et toujours avec cet air sérieux et désormais clairement inquiet.
Einstein s’installa avec hésitation sur le siège qu’il n’avait plus eu à utiliser depuis plus d’un an, et inspira un grand coup avant de se mettre à taper sur le clavier.
« Il semble que la tour a été activée depuis Lyoko, et celui qui est derrière tout ça y ait encore » annonça-t-il après un moment.
Celui… Ou celle, pensa Ulrich, qui surveillait Marine du coin de l’œil. Il fut donc le seul à voir le soulagement manifeste qu’afficha Marine en entendant Jérémie. Il fronça les sourcils, cette fois c’était sûr, elle était louche.
« On ferait mieux d’aller voir non ? » demanda-t-il, guettant sa réaction.
Il ne fut pas déçu.
« NON ! » hurla-t-elle en se mettant entre l’ascenseur et les lyokoguerriers qui avaient commencés à s’y diriger.
Tous la regardèrent, interloqués.
« Marine ? Que se passe-t-il ? demanda Aelita, inquiète.
- Vous… Que comptez-vous faire une fois là-bas ? »
Sous le choc de la réaction de Marine, la bande ne remarqua pas qu’elle semblait savoir où ils allaient. Sauf Ulrich.
« Tu as l’air d’en savoir un rayon sur Lyoko, et ça n’a pas l’air d’être la première fois que tu viens ici, tu explique ça comment ? »
Ce fut son tour d’être dévisagé, et Marine devint pâle en se rendant compte que sa réaction l’avait trahie.
« C’est… hésita-t-elle, c’est vrai. Je suis déjà venue ici, je connais Lyoko, et je sais aussi qui s’y trouve, même si j’ignore pourquoi.
- Et qui s’y trouve alors ? demanda Ulrich.
- Vous ne me croirez jamais…
- Essaye toujours, répliqua-t-il.
- C’est… Marine. »
Même Ulrich en resta coi.
« Mais… Mais qui es-tu alors ? réagit Yumi.
- Un clone généré par la tour ? supposa Jérémie.
- Non ! Je ne suis pas un simple champ de force polymorphe aléatoire généré digitalement et motivé par un programme comportemental basique non-évolutif ! Je suis une Montre ! Pour une fois que j’en suis fière… ajouta-t-elle en pensée.
Les lyokoguerriers restèrent soufflés par sa réplique.
« Une… Une quoi ?
- Une Montre. Les fleeliens nous nomment ainsi, même si nous n’apprécions pas vraiment, et que nous acceptons rarement de donner l’heure. C’est ce à quoi ressemble notre forme originelle.
- Ah ! s’exclama Aelita. Je me disais bien que quelque chose clochait. C’était ça ! Tu ne la quitte jamais et pourtant tu ne porte pas ta montre ! Enfin, je veux dire Marine ne quitte jamais sa montre…
- Alors vous me croyez ? espéra Stacy.
- Evidemment Stace ! » sourit Aelita.
Stacy eut un doux sourire en retour.
« Vous vous souvenez enfin…
- Ça aura pris le temps, mais oui, répondit Aelita. Il faut dire qu’avec tout ce qui m’est arrivé… Et puis toi et Marine n’avaient pas changé en dix ans, c’est étrange.
- Hem. Si je puis me permettre, c’est aussi votre cas.
- C’est vrai, grimaça la jeune fille aux cheveux roses, c’est dû à mon séjour sur Lyoko, mais cesse de me vouvoyer s’il-te-plait.
- Désolée…
- Mais tout de même, c’est incroyable, tu imites Marine à la perfection, on aurait vraiment dit elle en cours, alors que vous ne vous ressemblez pas du tout niveau caractère.
- Je…
- Ahem, interrompit Ulrich. Pardon de déranger votre séquence « retrouvaille », mais qu’est-ce qu’il se passe ?
- Stacy est une vieille amie, que j’avais oubliée avec le bazar que sont mes souvenirs, tout comme Marine, expliqua Aelita. Pour être exacte elles ont vécu trois mois avec moi et papa, mais je ne savais pas qu’elles connaissaient Lyoko. Quoi que, après tout c’est papa qui les a amenées à la maison, réfléchit-elle.

L’ascenseur s’ouvrant détourna l’attention des lyokoguerriers avant qu’ils aient pu poser plus de questions, et une fois ouvertes les portes dévoilèrent… une seconde Marine, identique en tout point à Stacy.
Ulrich fut le plus rapide et empêcha Marine de faire remonter l’ascenseur. Hors de question de la laisser s’échapper.
« Ah… J’ai vraiment pas eu de chance, soupira Marine, moi qui avait espéré qu’Einstein n’est pas été derrière son ordi. Je suppose que c’était utopique. Si seulement j’avais pas eu besoin d’activer cette tour… »
Un moment passa où personne, pas même l’auteur, ne sut que dire ou que faire, jusqu’à ce que Jérémie se reprenne et intervienne.
« On… mérite des explications non ? dit-il aux deux filles aux yeux violets.
- Sur quoi ? grimaça Marine, Peut encline à expliquer quoi que ce soit.
- Sur… comment vous connaissez Lyoko et Aelita, pourquoi vous avez rallumé le supercalculateur ou qu’est-ce que c’est que cette histoire de montres et de fleeliens par exemple.
- Et sur comment vous faites pour remonter le temps sans utiliser le retour vers le passé, ajouta Ulrich à la surprise générale.
- Qu’est-ce que tu veux dire ? questionna Yumi.
- Lorsque Marine est arrivée à Kadic, elle a eu une drôle de réaction en voyant Aelita - je comprends mieux pourquoi-, et juste après vous avez repris la conversation exactement où elle en était quelques minutes plus tôt, répondit-il. Comme elle avait l’air surprise, au début j’ai pensé qu’elle avait juste remarqué qu’on avait remonté le temps, mais depuis je suis persuadé que c’est elle qui l’a provoqué.
- Mince, c’est vrai que tu es un insensible, j’avais oublié, réalisa Marine.
- Je peux savoir pourquoi tu traites mon petit ami d’insensible ? s’indigna Yumi.
- Ah, non, pas dans ce sens-là. En fait, j’en suis une aussi. Ça veut juste dire qu’il peut résister au pouvoir des autres, se rattrapa Marine.
- Pouvoir ?
- C’est… Bon écoutez, partit comme c’est ça va durer trois plombes, j’ai pas la moindre envie de m’étaler en détails, alors prenez ces pilules avant de vous coucher et vous aurez vos réponses, dit-elle en leur tendant des pilules sortit d’une boîte que Stacy lui avait passée, qu’ils regardèrent avec soupçon.
- Il n’y a aucun danger je vous jure !
- Elle dit vrai ! s’exclama Aelita, la seule à n’en avoir pas eu. Je l’ai déjà prise.
- Quoi ? s’écria Jérémie. Mais quand diable ?
- Je l’ai dit non ? Elle a vécu trois mois avec nous !
- Pourquoi au fait ?
- Et bien… hésita-elle en jetant un oeil à Marine et Stacy qui hochèrent la tête. Papa m’a dit qu’il l’avait trouvée en train d’errer dans la rue -bien que maintenant j’en doute- et qu’elle avait besoin d’un toit pour au moins trois mois après quoi… elle irait visiter d’autres mondes.
- Pardon ?
- Je suis une extraterrestre. » annonça Marine.
Le reste des lyokoguerriers en resta stupéfié. Au bout de quelques secondes de silence, tous - sauf Ulrich- éclatèrent de rire.
« Ça explique bien des choses, fit Ulrich, on ne peut plus sérieux, indifférent aux rires de ses amis qui cessèrent en l’entendant.
- N’est-ce pas ? sourit tristement Marine.
- Eh oh, arrêtez de plaisanter vous trois, fit Odd à Marine, Aelita et Ulrich. Les extraterrestres, c’est de la science-fiction !
- Les mondes virtuels peuplés de monstres et d’IA malfaisante voulant conquérir le monde aussi, rétorqua Marine.
- Là elle n’a pas tort, admit Yumi.
- Et ces pilules servent à quoi ? demanda Jérémie, à moitié convaincu mais ayant foi en sa chérie.
- A raconter notre histoire aux peuples que nous rencontrons plus rapidement qu’à l’oral, et j’y aie ajouté la mienne, au cas où... »
Pas vraiment convaincus mais curieux, les lyokoguerriers retournèrent à Kadic -ou chez eux- et allèrent se coucher après le diner, avalant leur pilule et partant pour faire de beaux -plus ou moins- rêves.

***

Rodolphe était heureux, le plan du p’tit était bon. Ça allait marcher. Ça devait marcher.
Malgré les gémissements du petit corps sous lui, toutes ses pensées étaient tournées vers Marine et sa vengeance qui était de plus en plus nette. Bientôt il l’aurait entre les doigts. Bientôt il la tuerait.
Qu’importe s’il devait lui-même mourir pour ça.
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MessageSujet: Re: [Fanfic] L'ennemi n'est pas celui qu'on croyait...   Mer 21 Déc - 12:47


    Yatta, la suite !

    J'adore toujours autant, bien que je sois toujours un peu perdue avec les différents personnage. Mais ça c'est habituel chez moi...

    Bref, vivement la suite et la réaction des L-G

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MessageSujet: Re: [Fanfic] L'ennemi n'est pas celui qu'on croyait...   Jeu 19 Jan - 17:29

Cet interlude a été absolument épouvantable à écrire, et pour cause, il est ce que j'aime le moins faire : les explications, et encore le pire sera pour l'interlude deux...
Enfin, bonne lecture ! ^^

Interlude 1 - L'histoire de Fleel (Partie 1)

Terre, Atlantide, - 9486 avant J.C.

Phil était en retard. Il venait à peine de quitter la campagne pour aller en ville, hors il devait être à son travail dans une dizaine de minutes. Son patron allait encore lui passer un savon. Il savait que dormeur comme il l’était, il aurait sans doute dû déménager pour ne plus être en retard, mais il aimait trop la campagne pour ça.
Mais aujourd’hui était un jour particulier, en effet aujourd’hui ils devaient tester leur nouvelle invention, et Phil savait qu’ils ne l’attendrait pas pour commencer, hors il ne serait pas en ville avant une bonne heure, et il enrageait.
Soudain un drôle de bruit, semblable à un bourdonnement, se fit entendre. Et soudain, a à peine quelques kilomètres de Phil, la terre disparut. Il ne restait plus qu’un gigantesque cratère de trois voire quatre cent kilomètres de diamètres, et la ville avait entièrement disparue.
La nature, choquée par cette disparition subite, sembla suspendre son vol quelques instants, avant qu’elle ne reprennent ses droits et que l’eau envahisse avec fracas le cratère, engloutissant dans sa violence une bonne partie des terres restantes...

Fleel, An 0

Alors que la plupart des gens dormait encore, la majorité de l’Atlantide fut transporté dans un univers inconnu, cerné par l’eau et protégé par un immense dôme de verre visible à perte de vu. Les habitants ne s’en aperçurent pas tout de suite, mais lorsqu’ils le firent, la panique commença à monter, jusqu’à ce qu’un des scientifiques responsable de la situation leur expliqua ce qu’il était arrivé : ils étaient en train de mener des expériences sur une possible machine à voyager dans le temps qui avaient finis par provoquer une fissure spatio-temporel qui avait emporté Fleel. Et ils avaient eu de la chance d’atterrir dans un endroit pareil, et de survivre au voyage.
Les habitants bien que choqués acceptèrent cet état de fait. En explorant le dôme qui les entourait ils finirent par découvrir d’autres terres qui avaient apparemment subit le même sort qu’eux. Cet endroit s’apparentait donc à un refuge pour victime de failles spatio-temporelle. Étrange. Mais le plus étrange qu’ils découvrirent fut lorsqu’ils trouvèrent un sas dans le dôme qui leur permit d’explorer la mer qui les entourait, où ils découvrirent qu’au dessus d’eux se trouvait une gigantesque ville renversée engloutie, et qu’ils découvrirent que cette ville pouvait les relier au réseau de centaines d’univers différentes ; ils n’avaient pas seulement changer de monde, ils avaient aussi changer de dimension. Pour l’occasion, l’Atlantide fut renommée Fleel, ce qui signifiait tout bonnement Terre dans leur langue.

La vie s'organisa en douceur. La plus grande crainte était le manque de nourriture, la plupart des terres agricoles étant restées sur Terre. Une centaine de fleeliens se dévouèrent pour cultiver les terres restantes, le reste pouvant ainsi s'adonner librement à sa vocation scientifique. La seule chose manquante était de la viande, tout le bétail étant resté de l'autre côté, mais là encore, ils réussirent à s'en procurer en échange d'un peu de technologie avec Céphiro, le continent voisin. Fleel parvint ainsi à vivre en quasi-autarcie, et personne n'allait s'en plaindre...

Cependant, un jour, une terrible épidémie secoua Fleel. Plus de trois mille ans après avoir changé de dimension, personne n'aurait pu s'y attendre. Par la suite beaucoup pensèrent que la modification de l'ADN des fleeliens était la cause de la Grande Épidémie. En effet, depuis quelques siècles, les fleeliens changeaient. Leur croissance cessa d'être ordinaire -ils grandissaient à toute vitesse jusqu'au abords de leurs huit ans pour ne recommencer à vieillir, très lentement, qu'à leurs quinze ans, leur espérance de vie passant de cent à plus de mille ans- et des pouvoirs firent leur apparition chez les plus jeunes -dès la naissance ou en général autour de leurs quinze ans. Beaucoup d'anciens supportaient mal l'arrivée de ces changements -dédaignant également l'existence de la magie sur Céphiro-, leur collant l'étiquette de portes-malheurs et pensant être immunisés contre la maladie. Jusqu'à ce qu'elle les emportent.
Cette maladie pouvait s'apparenter à une gangrène, commençant par rendre aveugle puis gangrenant -justement- les yeux, avant de s'attaquer aux extrémités puis au reste du corps. Et inutile de couper les parties infectées, les médecins découvrirent que c'était le corps lui-même qui créait les virus dévorant les cellules du corps, et tentèrent en vain d'y trouver un remède. Même l'étude des rares immunisés contre la maladie n'aboutit à rien. Jusqu'à ce qu'un petit génie d'à peine cinq ans trouve la solution, avant de succomber lui-même à la maladie, laissant derrière lui l'antidote, qu’il n’avait pas eu le temps de s’injecter, et les Montres...
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MessageSujet: Re: [Fanfic] L'ennemi n'est pas celui qu'on croyait...   Jeu 19 Jan - 20:35


    Suuuuiiiiiiiiiteee

    Je te comprends, les explications sont parfois chiantes à écrire, mais tu t'en sors très bien ** J'adoore ! ^^
    Je m'attendais pas à la fin, mais elle est super aussi ! ><

    J'attends la seconde partie Maggy-chan :3

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MessageSujet: Re: [Fanfic] L'ennemi n'est pas celui qu'on croyait...   Ven 20 Jan - 15:38

Merci n'Estel ! ^^
Et la suite arrivera... quand elle arrivera
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MessageSujet: Re: [Fanfic] L'ennemi n'est pas celui qu'on croyait...   Mer 22 Fév - 17:08

Houlà ! je n'avais pas poster le chapitre 5 ? Oups ! Enfin, pour le nombre de lecteurs que j'ai... (bon d'accord, j'arrête de me plaindre ). Donc voilà le chapitre 5 et l'interlude 2 par la même occasion ^^


Chapitre 5 : Back to home


Le p’tit, Ciel Lightray de son vrai nom, en avez assez. Cette mission devait se terminer au plus vite, il devait s’éloigner de Rodolphe au plus vite. Autant pour sa santé physique - ‘Dolphe n’y allant pas de main morte- que mentale.
Il sentait ses sentiments à son égard changer, et cela lui faisait peur. Il ne devait pas. Rodolphe était brutal, impulsif, irrespectueux, fourbe, pervers… En moins de deux semaines de travail commun il l’avait violé il ne comptait plus le nombre de fois. Alors comment diable pouvait-il en être tombé amoureux ? Il ne comprenait plus rien, plus rien du tout…
Il savait pourtant que tous les précédents collègues -homme ou femme- de Rodolphe avaient finis avec le cœur brisé, mais rien n’y faisait.
Cependant son trouble ne devait pas l’empêcher de mener à bien sa mission, l’officiel comme celle pour la résistance, sinon ils étaient perdus…

***

« Marine, fit Aelita une fois rentrées dans leur chambre. Pourquoi ton œil gauche ne bouge plus ?
- Ah tu as remarqué ? Et bien en fait j’ai cassé mon ancien œil de verre hier soir et du coup j’ai du aller en acheter un nouveau. Mais j’ai perdu en qualité, le vieux Grégory était vraiment le meilleur.
- Depuis quand as-tu un œil de verre ? s’étonna la jeune fille aux cheveux roses.
- Question difficile. C’était il y trois mois, ou encore il y a soixante-treize ans. Ça dépend comment tu comptes.
- Tu as voyagé tant de temps que ça ?
- Oui, plus de cent soixante ans.
- Je t’aurais bien dit de me raconter, mais ça risque d’être long…
- Attrape, dit-elle en lui lançant une pilule jaunâtre. Elle contient le récit de mon voyage, j’ai donné un mélange de celles-ci d’avec les habituelles aux autres.
- C’est pour ça qu’elles étaient bleues ? comprit Aelita. Je croyais que c’était à cause de la lumière… »
Elle observa sa pilule quelques instants, et allait l’avaler quand Stacy -revenu à son apparence originelle- intervint et s’adressa à Marine.
« Au fait, vous… tu as rendez-vous demain après le déjeuner avec William.
- Quoi ? s’exclamèrent les deux autres.
- Je… je ne voulais pas risquer de dire de bêtises alors il m’a semblé préférable de reporter la discussion, se justifia Stacy. William et vous devez parler d’hier soir.
- Que s’est-il passé hier soir ? » s’alarma Aelita.
Marine rougit.
« Rien de grave rassure-toi, j’ai juste… embrassé… William, dit-elle comme si elle n’y croyait pas elle-même.
- Hein ? resta interdite Aelita. Tu n’es quand même pas…
- Si. Je l’aime, rougit Marine, cependant déterminée.
- Est-ce que si je te dis Stockholm ça te dit quelque chose ?
- Aelita… Par pitié, n’imite pas Yumi ! désespéra Marine.
- Comprend moi, William a quand même tenté de te tuer ! »
Voyant Marine sur le point de s’énerver, Stacy intervint :
« Non, ce n’était pas William, mais un métamorphe, et un particulièrement doué d’ailleurs.
- Mais alors…
- Oui, il semble qu’il y ait de gros problèmes sur Fleel. Même si je compte sur cette nuit pour être fixée… répondit Marine.
- Tes fameux rêves ? Je suis sûre que tu serais une excellente policière avec ça.
- Oh non, je me trompe souvent. Je ne suis pas voyante.
- Si tu le dis… » renonça-t-elle, avant d’avaler sa pilule et de s’endormir.
Marine s’allongea à son tour, cherchant le sommeil, que Stacy l’empêcha de trouver.
A propos, la prochaine fois, prévenez-moi que vous allez sur Lyoko. Vous imaginez ce que j’ai pu ressentir en me sentant aussi libre ? Ne me faites plus jamais ça ! Et puis vous étiez juste censée aller chercher un œil de verre, pas aller à l’usine !
Je devais… vérifier quelques choses, se justifia Marine.
Stacy resta silencieuse, et Marine comprit qu’elle ne l’entendrait plus jusqu’au lendemain. Elle n’aimait pas quand elles étaient fâchées, Stacy se remettait toujours à la vouvoyer dans ces moments-là, comme pour compenser le fait de l’engueuler. Franchement…
Marine finit par rejoindre Aelita dans les bras de Morphée.

***

Xana était devant elle, l’air terrifié.
- Je suis désolé Marine, je n’ai pas été assez prudent, assez fort…
- Qu’est-ce que tu raconte ? Je ne comprends pas…
- Je n’ai pas le temps de t’expliquer, il va revenir d’une minute à l’autre…
Soudain un rire sinistre et terrifiant retentit. Marine se retourna vers sa source, levant les bras devant Xana, dans un geste de protection inconscient. La personne qui émettait ce rire était floue, comme sur une mauvaise photo, la seule chose nette était ses yeux, rouges, à glacer le sang. Il rit de plus belle en voyant la vaine et ridicule tentative de protection de Marine. D’un bond impressionnant, semblant échapper aux lois de la gravité, il sauta par-dessus Marine, droit sur Xana, qui poussa un cri et s’effondra. Marine se retourna aussitôt vers lui. Mais avant qu’elle ait pu faire le moindre geste supplémentaire Xana se releva et la regarda avec un sourire sadique, avant d’éclater de rire. Un rire plus sinistre et terrifiant encore.
Ses yeux étaient rouges.

***

Marine s’éveilla en sursaut, le cœur battant. Instinctivement elle regarda sa main. Quelle... Il n’y avait pas de mots pour la décrire. Comment avait-elle pu ne pas s’en apercevoir après toutes ces années ? Comment avait-elle pu laisser Mickaël s’échapper ? Le poids de sa conduite irresponsable lui tomba sur le dos. Ce qu’avait vécu les lyokoguerriers, Aelita et Hopper était entièrement de sa faute, tout ça parce qu’elle l’avait laissé s’échapper. La seule chose positive dans l’histoire, c’est que maintenant elle savait pourquoi Xana s’était comporté de manière aussi étrange. C’était quelqu’un de bien, et vouloir dominer le monde n’était absolument pas dans ces plans. Comment avait-elle pu douter de lui une seule seconde ?
Sa décision fut prise, lorsque les émissaires de Fleel reviendrait la chercher, elle ferait semblant de résister, puis partirait avec eux, Mika était au pouvoir par sa faute, et elle comptait bien la réparer...

Elle mit de côté ses plans et sa colère en allant petit-déjeuner, les autres ne devait se douter de rien. A voir leurs têtes, ils étaient de toute manières trop occupés à digérer ce qu’ils avaient appris grâce aux pilules pour remarquer quoique ce soit, et c’est à peine s’ils la regardèrent lorsqu’elle s’assit. S’en suivit un long silence où chacun était perdu dans ses pensées -que Marine se retenait désespérément de lire-, avant que Jérémie ne prenne la parole.
« Donc, tout ce qu’on a vu est vraiment arrivé ?
- Oui.
- Mais il en manque non ?
- Comment ça ?
- Par exemple, on ne voit pas comment tu as perdu ton œil.
- Ah ça ? C’est... »
Son regard se fit douloureux.
« J’ai préféré éviter les passages les plus... déconseillés aux âmes sensibles.
- Comme ? »
Marine soupira.
« J’ai atterri une fois sur un bateau juste avant qu’il ne se fasse attaquer par des pirates. Ils ont tués pratiquement tout le monde, sauf quelques filles dont moi pour... »
Elle déglutit.
« Inutile de vous faire un dessin je pense. Mais en plus du reste ils ont jugé bon de nous arracher les yeux. Si j’en ai encore un c’est uniquement grâce à des corsaires qui ont attaqué les pirates à ce moment-là. »
Il y eu un silence et Marine baissa la tête.
« Contrairement à ce que la pilule que je vous ai donnée pourrait faire croire, voyager entre les dimensions n’est pas toujours une promenade de santé, bien au contraire lorsqu’on voyage au hasard comme moi il faut s’attendre à un tas d’ennui, notamment avec les peuples les plus primitifs. J’ai échappé quelquefois au bûcher pour sorcellerie » ajouta-t-elle en riant.
Les autres ne rirent pas. Marine sentit une goutte de sueur descendre le long de sa tempe.
« Y aurait-il un moyen de visiter Fleel par hasard ? demanda Jérémie dont la curiosité scientifique reprenait le dessus.
- Peut-être une fois que les choses seront revenue à la normal. Fleel n’est actuellement pas un lieu où il fait bon vivre de ce que j’ai compris. Un tyran s’est mis sur le trône.
- Qui ? » demanda Aelita.
Marine hésita, que devait-elle répondre ? Elle opta finalement pour une demi-vérité, inutile de leur dire pour l’instant qu’elle était responsable de tout ça, elle ne voulait pas se les mettre à dos, surtout Aelita.
« Vous le connaissez très bien...
- Tu ne veux pas dire... pâlit Aelita.
- Si. Xana. »
Odd en lâcha sa cuillère, qui tomba dans son bol de chocolat chaud, qui l’éclaboussa.
« Mais Xana est mort ! s’exclama Jérémie aussi doucement que possible.
- Ton antivirus ne peut parcourir que le réseau, et Xana a visiblement retrouver le sas à temps pour sauver sa peau. »
Seul Ulrich releva le « retrouver » incongru mais il n’en dit rien.
« Et sinon... renonça Jérémie, passablement perturbé et voulant penser à autre chose. Il serait possible de voir Stacy ? »
Marine sourit et accepta. Elle savait ce que Jérémie avait en tête. Elle sortit avant eux histoire de les laisser digérer les nouvelles et alla faire un tour dans le parc en attendant le début des cours. Lorsqu’elle rejoignit les lyokoguerriers à la récré, elle fut surprise par la décision qu’ils avaient prise.
« Ce qui arrive à Fleel est en partie de notre faute, déclara Jérémie. Alors laisse-nous t’aider à arranger les choses.
- C’est gentil, mais je refuse. En plus, ce n’est vraiment pas de votre faute.
- Si. Si j’avais été plus efficace, j’aurais réussi à détruire Xana avant qu’il ne puisse s’échapper, s’accusa Jérémie.
- C’est faux ! s’exclama Marine. Et de toute façon cette fois ce n’est pas des monstres et un programme informatique qu’il faudra combattre, mais des humains. »
La réalité de ce fait tomba d’un coup sur les lyokoguerriers, ils n’y avait pas du tout réfléchi.
« Moi ce ne sera pas ma première guerre, constata Marine, mais pour vous, si. Et je ne pense pas que vous soyez prêts. Et il serait utopique de penser pouvoir se battre comme sur Altaurie. »
Il y eut un long silence qui dura jusqu’à ce qu’Odd eut la bonne idée de changer de sujet.
« Bon, on peut voir Stacy maintenant ?
- Bien sûr. »
Ils se dirigèrent vers la forêt pour être à l’abri des regards et Stacy apparut, ses yeux d’argent fixant les lyokoguerriers.
« Donc tu portais bien des lentilles la dernière fois.
- Oui » répondit Stacy avant de lui tendre la main.
Jérémie hésita, puis finalement la serra. Ou du moins essaya. Sa main traversa celle de Stacy, et il recula, un peu surpris malgré qu’il l’ait déjà vu. Mais avant que quiconque ait pu dire quoique ce soit la sonnerie retentit, les forçant à retourner en cours.

A la pause de midi Marine prit congé de Yumi, en évitant de lui dire que c’était pour retrouver William. Elle le retrouva au point de rendez-vous indiqué par Stacy, et se sentit rougir. Son cœur se mit à battre la chamade, qu’allait-elle bien pouvoir dire ? Son seul soulagement fut que William semblait aussi gêné qu’elle. Il y eut un silence avant que Marine se décide à prendre la parole.
« Pour l’autre fois je... je suis désolée. Je ne sais pas ce qu’il m’a prit je...
- Tu... tu n’as pas à t’excuser, l’interrompit William. C’est plutôt moi qui devrait le faire pour ce que je t’ai fait.
- Ne dis pas ça, je sais que tu es innocent. »
Le visage de William s’éclaira quelque peu.
« Vraiment ?
- Oui.
- Pour être honnête, je ne me souviens de rien, je me suis juste réveillé dans la forêt et là Jim m’a attrapé et m’a dit que j’avais tenté de te tuer, alors que je ne savais même pas qui tu étais, débita-t-il d’une seule traite, vidant enfin son sac.
- Et que t’est-il arrivé avant, pour que tu t’endormes dans la forêt ?
- Tu... Tu ne me croiras pas. Les policiers ne m’ont pas cru non plus.
- Essaye toujours.
- Je... Je me promenais quand quelqu’un m’a attrapé par derrière et m’a chlorophormé.
- Je vois... Ça ressemble bien à Rodolphe ça, toujours aussi subtil.
- Rodolphe ?
- C’est le nom de celui qui t’as attaqué. J’imagine qu’à la base il voulait juste me capturer mais que le fait que je l’ai démasqué la rendu furieux, mais il ne pouvait pas se douter que je lirais dans ses pensées.
- Quoi ?
- Oh ! Euh... En fait, je suis la princesse d’un autre monde situé dans une autre dimension et le tyran qui a prit la place de mes parents sur le trône cherche à me capturer pour je ne sais quelle raison » résuma Marine.
William resta scotché un moment.
« Donc... tu es une extraterrestre ?
- Oui.
- Tu en ai sûre ?
- Évidemment ! Je ne suis pas folle !
- Admet que c’est assez dur à avaler.
- Alors dans ce cas prend ça ce soir, dit-elle en lui donnant une pilule, et tu comprendras. »
William regarda la pilule d’un air méfiant mais finalement l’accepta, il n’avait pas envie de douter de Marine. Il commençait à s’en aller quand Marine le retint.
« William ! Je... je t’aime ! » avoua-t-elle.
William n’y tint plus. Peu importait qu’elle soit folle ou bien extraterrestre. Il se retourna et l’embrassa.
« Moi aussi » chuchota-t-il.

***

Ils étaient fin prêt. Tous les détails étaient réglés comme du papier millimétré. Si tout se passait comme prévu, la princesse et les lyokoguerriers les suivraient sans faire d’histoire. Ils n’avait plus qu’à partir.

***

Marine rêvassa durant les premières heures de l’après-midi, et n’écouta qu’à moitié les questions de Jérémie à la récré, ainsi que celles des autres sur pourquoi elle semblait dans sa bulle. Seule Aelita lui fit un clin d’oeil accompagné d’un large sourire, elle avait compris.
Mais sa rêverie romantique ne dura pas longtemps. En effet, en cours de physique un jeune garçon entra dans la salle de cours. Il ne devait pas avoir plus de quinze ans, et portait pourtant un costume sombre et des lunettes noires qui formait un contraste étonnant avec sa taille. Il s’adressa à Mme Hertz en lui montrant son insigne.
« Ciel Lightray, Police de Fleel, je cherche deux de vos élèves. »
La prof resta quelques instants hébété, peinant à croire qu’il puisse être réellement policier à son supposé âge, mais se repris.
« Pourquoi cherchez vous certains de mes élèves ?
- Pour... » commença-t-il en jetant un œil à la salle avant de s’interrompre.
Ses yeux avaient croisé ceux de Marine. Cette dernière s’était levé de son siège aussitôt, en proie à la panique malgré qu’elle sache déjà qu’ils allaient venir. Elle se retint néanmoins de fuir. Elle devait faire face.
« Je ne vous suivrais pas ! » mentit-elle.
Quelle ne fut pas sa surprise de voir Ciel s’agenouiller devant elle.
« S’il-vous-plaît princesse, supplia-t-il. Vous devez revenir, la résistance a besoin de vous. »
Il avait bien dit résistance ? Ainsi les fleeliens ne s’était pas laissés dominer sans réagir. Cela fit chaud au cœur de Marine. Elle ne serait pas seule.
« Je... Très bien, je viendrais avec vous, fit-elle semblant d’accepter à contre-cœur.
- Alors je vous demanderais de mettre ceci » dit-il en lui tendant un fin bracelet d’or.
Évidemment. Marine déglutit. Les pensée de Ciel lui était inaccessibles, visiblement c’était un insensible... Devait-elle accepter de renoncer temporairement à ses pouvoirs ? Elle n’en avait pas la moindre envie... Cependant elle se força à tendre le bras auquel Ciel passa le bracelet. Et se sentit tout d’un coup très fatigué, devant se retenir à la table pour ne pas tomber. Elle ne connaissait ces bracelets qu’en théorie même si elle avait vu quelques prisonniers en porter. Si elle avait su qu’elle en aurait un un jour...
Ciel reprit la parole.
« Yumi Ishimaya ? Demanda-t-il à la jeune fille assise à côté de Marine.
- Non ! » s’écria cette dernière.
Ciel l’ignora.
« Oui ? Répondit Yumi.
- Veuillez me suivre également s’il-vous-plaît, vous êtes un témoin-clé de cette affaire. »
Yumi afficha une expression résolue. Donc Marine n’avait pas mentit. Xana était bel et bien vivant.
« Il est hors de question que vous les mêliez à ça ! s’écria Marine.
- Je ne fais que suivre les ordres, grimaça Ciel. Je suis désolé mais je n’ai pas le choix. »
Marine désespéra. Mais sans ses pouvoirs elle ne pouvait rien faire, d’autant plus qu’elle ignorait ceux de Ciel, un acte désespéré aurait pu avoir de lourdes conséquences. Elle céda donc.
Yumi et Marine suivirent Ciel jusqu’à la forêt où ils retrouvèrent Rodolphe, les autres lyokoguerriers, et William. Évidemment.
« Et bien, pour une fois il semble que tu es réussi à accomplir une tâche sans tout faire foiré, remarqua Ciel.
- C’est ça moque-toi ! On verra si tu es aussi loquace tout à l’heure » sourit Rodolphe.
Ciel blêmit quelque peu mais ne se laissa pas démonter.
« Stacy, pourrais-tu...
- Est-ce que j’ai le choix ? répondit cette dernière. Deux montres ne peuvent pas transporter autant de personnes à la fois.
- Merci de nous aider, fit Victor, la montre de Ciel.
- Tenez-vous par la main » ordonna Rodolphe aux lyokoguerriers.
Ils formèrent une ronde et quelques instants plus tard, ils disparurent.

Interlude 2 - L’histoire de Fleel (Partie 2)


Il n'était plus aussi sûr de lui que quelques heures plus tôt. Le brouillard qui voilait de plus en plus ses yeux ne l'aidait pas à être rassuré. Il s'était lui-même porté volontaire, mais il n'était plus certain de ce qu'il voulait. Et si le remède s'avérait pire que le mal ? Ou s'il ne marchait simplement pas ? Avoir espérer guérir de ce cauchemar pour qu'au final, non, il ne guérisse pas serait insupportable. Malgré tout il voulait y croire. N'était-ce pas son meilleur ami qui avait mis ce remède sur pied ? En son honneur, il pouvait au moins lui faire confiance.
Il fut étonné de la forme du « remède », en apparence une simple montre sur laquelle était fixée une aiguille. Il grimaça lorsqu'elle se planta dans sa peau mais oublia bien vite sa douleur sous le coup de la surprise. En effet venait d'apparaître devant lui une exacte réplique de lui-même, à l'exception de ses yeux, argents. Il serra la main que lui tendait sa copie et fut surpris de voir qu'il pouvait la tenir. Ce n'était donc pas un hologramme. Mais qu'était-ce alors ?
« D'une certaine manière, je suis bien un hologramme, lui sourit la Montre, comme si elle avait lu dans ses pensées.
- C'est le cas, ajouta-elle, nous pouvons tout deux communiquer par la pensée. »
Vraiment ? pensa-t-il.
Oui.
Il sursauta. La voix de la Montre était nettement parvenue dans sa tête, sans qu’elle n’ouvre la bouche pour autant.
« Pourriez-vous arrêter de m’appeler « la Montre », je suis un garçon tout de même ! s’énerva-t-el… il légèrement. »
Timmie eut un rire nerveux.
« Comment veux-tu que je t’appelle alors ?
- Je ne sais pas, avoua la Montre.
- Alors que dirais-tu de… hum, voyons voir, réfléchit-il. Ah ! Je sais ! Que dirais-tu de Gabriel ?
- Un nom… humain ? s’étonna la Montre.
- Bah bien sûr, tu es un humain non ? »
Gabriel eut un sourire triste.
« Pas exactement, nous pouvons être en contact parce que nos gènes sont à 98 % identiques, mais je ne peux pas toucher les autres humains, en tout cas pas à mains nues.
- Pourquoi ?
- Notre… créateur nous a fait ainsi. J’en ignore les raisons. »
Timmie se tut. Gabriel avait beau dire le contraire, pour lui il était tout à fait humain. Il n’arrivait pas à croire que John ait pu créer une chose pareille.
« Pourquoi Gabriel ?
- Hum… Oh, c’est le nom d’un ange, et si je guéris vraiment, alors on peut dire que tu es mon ange gardien, sourit Timmie.
- Je ne mérite pas tant d’honneur, rougit Gabriel, je ne fais que mon devoir. »
Ils discutèrent un long moment, Timmie découvrant avec émerveillement toute les propriétés des Montres. Elles pouvaient se servir du réseau au-dessus d’eux pour transporter leur possesseur -et même plus- dans les mondes correspondant. Les mondes n’ayant pas une once de technologie leur étaient donc inaccessibles, et il fallait rester au minimum trois mois sur le monde d’arrivée, le temps que la Montre se reconnecte au réseau. Elles pouvaient aussi transporter une infinité d’objets, les réduisant à la taille d’une nanoparticule.
Au fur et à mesure que le temps passait, le voile qui recouvrait les yeux de Timmie disparut peu à peu. Il ne s’en rendit pas tout de suite compte, mais lorsqu’il le fit, il emmena aussitôt Gabriel voir les scientifiques qui patientaient patiemment dans une autre pièce. Ceux-ci accueillirent la Montre avec des yeux ronds de stupéfaction. Mais le remède était efficace, alors ils se dépêchèrent d’étudier la deuxième montre laissée par John afin de les reproduire. Ce qui prit encore quelques mois malheureusement, mais ils finirent par réussir, et la contagion s’arrêta. Les immunisés à la maladie eut quand même droit à leur montre, sans le remède.

Et c’est ainsi que débuta l’âge d’or de Fleel, qui démarra un commerce à l’échelle intergalactique. Quelques fleeliens devinrent des voyageurs, partant à la découverte d’autant de monde que possible, voyages qui finissaient malheureusement souvent tragiquement, certains mondes n’étant pas des plus accueillants…
Aujourd’hui, aucun fleeliens n’imaginerait vivre sans sa Montre.
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Maggy'
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MessageSujet: Re: [Fanfic] L'ennemi n'est pas celui qu'on croyait...   Dim 11 Mar - 0:15

Et voilà le chapitre 6 ! ^^ Incroyable, ça ne m'a prit que deux semaines à écrire O_o
Bonne lecture !

Chapitre 6 : Double identité

Ils atterrirent dans une vaste salle, très épurée. A en juger par le décor, ce devait être une salle de bal. Mais à l’heure actuelle, il n’y avait pas de bal, ni même un chat. Les lyokoguerriers eurent à peine le temps de se remettre de leur voyage que Rodolphe les entraînaient ailleurs. Ils se retrouvèrent finalement dans un bureau, derrière lequel un homme semblait débordé, entouré d’une pile de paperasse qu’il remplissait en soupirant. Il releva la tête vers eux à leur entrée. Ses yeux d’un rouge à glacer le sang s’allumèrent en les reconnaissant et un sourire malveillant s’étira sur son visage.

« Bonjour jeunes gens. Asseyez-vous donc » dit-il en désignant les quelques chaises devant lui.

Personne ne bougea.

« Non ? Bien, dans ce cas vous pouvez vous retirer » ordonna-t-il à Ciel et Rodolphe.

Ceux-ci obéirent, Rodolphe attrapant possessivement le bras de Ciel pour l’entraîner à sa suite. Marine l’observa faire du coin de l’œil.

« Alors, qu’est-ce que ça fait de revoir une vieille connaissance ? Oh pardon, j’oubliais que c’est la première fois que vous me voyez en chair et en os, rit-il.
- Alors... déglutit Jérémie, vous êtes vraiment Xana ?
- Exact, mon cher Jérémie ! »

Marine serra les points de colère, mais se retint à temps d’intervenir. Les lyokoguerriers restèrent silencieux. Le petit rire satisfait qu’émit Xana fit exploser Marine.

« Comment oses-tu te faire passer pour lui ? Comment peux-tu seulement penser que je serais dupe ? Pourquoi tu ne le laisses pas tranquille maintenant ? Tu as eu ce que tu voulais non ? hurla-t-elle.
- Oh là très chère ! Du calme, nous sommes entre gens civilisés n’est-ce pas ? N’es-tu pas heureuse de revoir ton cher Xana ?
- Cesse d’insulter Xana ainsi, il n’a rien à voir avec toi !
- Pourtant il va falloir que tu acceptes que, d’une certaine manière, je suis bien lui.
- Je sais ça, que crois-tu ! Alors libère-le s’il-te-plaît.
- Ça ne va pas être possible. Tu le sais pourtant, mais je n’ai plus de corps qui me soit propre. Le libérer reviendrait donc à tout laisser tomber. »

Marine ne trouva rien à répondre. Les lyokoguerriers les regardèrent sans comprendre.

« Qu’est-ce que ça veut dire ? finit par demander Yumi. C’est Xana ou pas ?
- C’est Xana... Possédé.
- Quoi ?
- Celui que vous avez en face de vous s’appelle Mickaël, plus connu sous le surnom de Mika. Et inutile de chercher, il n’apparaît pas dans les pilules que je vous ai donné. Globalement, les périodes les plus... noires de l’histoire de Fleel n’y sont pas.
- Pour être exact, les fleeliens ne veulent pas que leur linge sale soit exposé au grand jour, se moqua Mika. Ah et pour info, je suis un ancien humain devenu une I.A, c’est pour cela que je me suis servit de Xana, histoire d’avoir un moyen de me déplacer plus facilement. »

Jérémie ouvrit des yeux grands comme des soucoupes.

« C’est... c’est possible ça ?
- Bien sûr. Je l’ai fait. Tout le contraire de ce cher Xana. Je dois reconnaître que Franz Hopper avait du génie. Il a réussi à créer une I.A presque humaine. Si seulement il avait été fleeliens, il aurait vraiment fait des miracles ! »

Les lyokoguerriers n’étaient pas sûrs d’apprécier l’insulte sous-jacente mais préférèrent se taire. De toute évidence, Xana ou pas, l’homme devant eux était dangereux, mieux fallait ne pas l’énerver.

« Bien. En attendant de savoir ce que je vais bien pouvoir faire de vous, vous allez sagement attendre dans les cellules du sous-sol, sans tenter quoi que ce soit pour vous échapper » fit Mika, une aura menaçante l’entourant.

Les lyokoguerriers déglutirent et hochèrent la tête, effrayés. Mika appela des gardes qui les emmenèrent. Ne resta plus que lui et Marine dans le bureau.

« Où sont Matthew et Lucile ? demanda Marine.
- Ne t’en fais pas, ton frère et ta sœur vont bien. Ils sont en liberté surveillée dans l’enceinte du palais, tu pourras bientôt les voir.
- C’est toi qui as tué Benoît et mes parents ? »

Mika mit un moment à répondre, se délectant de la tension qui régnait chez Marine. Finalement il lâcha :

« Rien ne m’oblige à te répondre. Après tout, tu es ma prisonnière ne l’oublie pas.
- Réponds !
- Du calme ! s’énerva-t-il. Ne me donne pas d’ordre ! »

Mais alors qu’il levait la main pour la frapper, son geste fut suspendu par une force invisible. Il renonça finalement, passablement énervé.

« C’est lui n’est-ce pas ? sourit Marine, narquoise. Il résiste.
- La ferme ! Emmenez-là ! ordonna-t-il aux gardes qui venaient d’arriver. Rodolphe saura lui rabattre son caquet. »

Marine paniqua et se débattit. Il avait dit Rodolphe ? Qu’allait-il bien pouvoir lui faire ? Les gardes la jetèrent dans une chambre qu’ils fermèrent à clé derrière eux. Elle tambourina à la porte, les implorant, mais entendant leur pas s’éloigner elle renonça et s’effondra sur la porte.

***

Rodolphe regardait Ciel dormir. En le voyant ainsi abandonné, il eut toutes les peines du monde à se contrôler, et à ne pas le prendre à nouveau. Mais il ne devait pas, casser son jouet préféré trop tôt serait vraiment ennuyeux. Ciel remua.

« ‘Dolphe... » soupira-t-il.

Tiens, il s’était réveillé ? Ah non, il parlait juste en dormant. Un sourire échappa à Rodolphe. Ciel était vraiment trop mignon.

« Je... t’aime. » soupira encore Ciel.

Rodolphe se figea. Quoi ? Il parlait de lui là ? En tant normal cela aurait été une victoire et il se serait gentiment amusé à piétiner ses sentiments, alors pourquoi était-ce différent cette fois ? Pour une raison inconnue, son sourire carnassier n’apparaissait pas. Il ne voulait pas blesser Ciel -pas plus qu’il ne l’était déjà. Que lui arrivait-il à la fin ? Ne pas agir comme d’habitude était énervant.

Ah je vois, finit-il par comprendre à force de réflexions, je suis amoureux.

Cette constatation le laissa groggy quelques minutes. Depuis Marine, et malgré le nombre conséquent d’amants et d’amantes qu’il avait eu par la suite, il n’était pas retombé amoureux. L’amour lui paraissait exécrable. Une pure perte de temps. Et là, il se surprenait à en apprécier l’idée, un sourire -sincère- se dessinant sur ses lèvres, mettant ses convictions en déroute. Il allait peut-être devoir changer ses plans.

Il déposa un tendre baiser sur le front de Ciel avant de quitter la pièce. Il avait encore sa vengeance à accomplir. Et rien ne l’en détournerait. Marine allait voir ce qu’elle allait voir. Enfin, elle ne pourrait pas voir grand-chose, justement. Il rit à cette idée.

Mais peut-être lui laisserait-il la vie sauve.

***

Victor se détestait. Il maudissait sa faiblesse. Laisser son maître seul, dans le noir, dans une telle situation... Minable, il était juste minable. N’osant pas se rebeller contre Rodolphe, incapable de protéger son maître. Perdu dans ses pensées, il finit par percuter quelqu’un. Alors qu’il allait s’excuser, il vit qui il avait cogné. Mike, la montre de Rodolphe.

« Tu es là, lui sourit Mike. Je te cherchais. »

Victor préféra l’ignorer et tourna les talons. Mike ne tarda pas à le rejoindre et le prit dans ses bras. Victor pouvait sentir son souffle dans son cou. Il frissonna.

« Lâ... lâche-moi ! se força-t-il à dire.
- Non. Je ne te laisserais pas fuir.
- Je ne fuis pas ! s’énerva-t-il en réussissant à se dégager.
- Alors pourquoi tu m’évites depuis quelques temps ?
- Je... »

Il se mit à pleurer et s’effondra. Mike le prit derechef dans ses bras.

« Je suis désolé, pour ce que Rodolphe fait à Ciel. Tu as le droit de m’en vouloir si tu veux.
- Ce... Ce n’est pas à toi que j’en veux, sanglota Victor. C’est moi. Je ne suis qu’un inutile, incapable de protéger Ciel. Je suis un moins-que-rien. »

Incapable de supporter plus d’auto-flagellation, Mike le fit taire en l’embrassant. Victor ferma les yeux et se laissa aller, fuyant sa culpabilité. Cela faisait plus d’un an que Mike et lui étaient ensemble, bien avant que Ciel et Rodolphe se rencontrent.

Lorsqu’une main s’infiltra sous son t-shirt, il réagit.

« Mike... dit-il le souffle court, on est en plein couloir...
- Et alors ? Tu as peur que quelqu’un nous surprenne ? » fit-il, goguenard.

Victor ferma les yeux. Aussi pervers que son maître... Celui-ci passa d’ailleurs à ce moment-là. Il les dévisagea quelques instants avant de poursuivre son chemin, un petit sourire aux lèvres.

Victor crut mourir de honte.

***

Cela faisait des heures qu’elle attendait. Peut-être des jours ? Elle l’ignorait. La mort dans l’âme, elle se contentait d’attendre son bourreau. Finalement, elle entendit une clé tourner dans la serrure, et elle s’éloigna précipitamment de la porte, se cognant au lit de la chambre.

Sans un mot, Rodolphe l’attrapa et la jeta sur le lit, attachant ses poignets à la tête de lit avec des menottes, puis lui mettant un bandeau sur les yeux.

Marine attendit la suite, mais rient ne vint. Pire, elle entendit ses pas s’éloigner et la porte se refermer. Elle attendit de longues minutes, mais il ne revint pas. Elle commença alors à se débattre, tirant sur ses menottes dans l’espoir vain de s’en défaire. Elle renonça vite. Elle attendit, le cœur battant à tout rompre et la panique s’insinuant lentement dans ses veines, de savoir ce que Rodolphe pouvait bien préparer pour la laisser seule ainsi. Elle perdit à nouveau la notion du temps, jusqu’à ce que l’angoisse devienne insupportable et que la folie guette.

Rodolphe revint enfin. Sitôt qu’il la dégagea de ses menottes, elle tenta de le frapper, mais toujours aveuglée elle manqua sa cible et sa main se cogna contre une des lampes du mur. Le bruit d’un coup sec la fit sursauter, et elle n’entendit plus rien. Elle enleva précipitamment son bandeau et… eut un hoquet d’horreur. Rodolphe gisait sur le sol, un liquide rouge sombre s’écoulant de son crâne pour se répandre sur le sol, la lampe que son coup avait décroché à côté de lui.

Non. Ce n’était pas ce qu’elle avait voulu. Elle ne voulait pas le tuer. Elle ne voulait pas avoir une autre mort sur la conscience. Elle se précipita sur lui, examinant sa blessure, ses mains se teintant horriblement de rouge. Bon, on se calme. La blessure n’était pas si profonde que ça, s’il était prit en charge vite il s’en sortirait. Mais ce n’était quand même pas elle qui allait le porter jusqu’à l’infirmerie !

A ce moment-là, Ciel, Victor et Mike arrivèrent en courant, avertis par ce dernier que quelque chose n’allait pas. Ils se figèrent devant la scène. Devant leurs trois regards choqués, Marine balbutia.

« C’est… C’est un accident… Je… Je ne… »

Le reste fut inaudible. Mike fut le premier à se reprendre.

« Ciel, Victor, accompagnaient la princesse jusqu’au Q.G. Je m’occupe de Rodolphe. »

Ciel hocha la tête, reprenant à peu près contenance, et Victor réintégra son enveloppe initiale. Il alla aider Marine, groggy, à se relever, et sortit de la chambre, se dirigeant vers les sous-sols afin de libérer les lyokoguerriers…

***

Jérémie réfléchissait. De toute manière il n'avait rien d'autre à faire, étant enfermé dans une cellule depuis déjà six longues heures, séparé des autres, sans réussir à dormir. Le temps paraissait épouvantablement long quand on était enfermé. Pour ne rien arranger, il avait soif. Mais il n'y avait personne qui pourrait l'aider, il n'y avait pas de garde dans cette prison. Et il préférait ne pas imaginer ce qui pourrait lui arriver s'il s'amusait à toucher aux barreaux, qui n'étaient pas faits de métal mais... d'énergie ? Cela ressemblait à des espèces de lasers jaunes, et avait l'air assez dangereux. Mais l'essentiel de ses soucis était ailleurs. En effet, apprendre que durant deux ans vous aviez lutté contre le mauvais ennemi était, en plus d'un coup à l'orgueil, assez... perturbant.

Il n’eut pas le temps de s’enfoncer davantage dans ses réflexions que Ciel et Marine arrivèrent en courant, cette dernière à l’air hagard et les mains tachées de rouge… Du sang ?

Ciel coupa l’alimentation des cellules et les lyokoguerriers purent sortirent. Marine les guida ensuite vers un passage secret connu de la seule famille royale, qu’ils empruntèrent pour se rendre à l’extérieur, où, guidés par Ciel, ils atteignirent bientôt le Q.G. de la résistance, veillant à ce que personne ne les voit. L’arrivée de Marine fit grand bruit, et des médecins se dépêchèrent de l’examiner. Mais elle n’était pas la seule à avoir besoin de soin…

« Ulrich ? Ça ne va pas ? s’inquiéta Yumi.
- Je… Je sais pas trop. J’ai mal à la tête… Et j’y vois trouble depuis un moment… Je… »

Il s’évanouit.
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